TOXOPLASMOSE et GROSSESSE
OPTION/BIO Supplément du N° 192/ 26 septembre 1997
Dossier des laboratoires ABBOT réalisé avec le Dr Philippe Thulliez - MAJ 2010

En 1995, 54 % des femmes en âge de procréer avaient une sérologie toxoplasmique positive. Cette séropositivité est en baisse régulière et indique que une femme enceinte sur deux est à risque.
On peut estimer que l'incidence des primo-infections en cours de grossesse est de 1/6000
Le risque d'atteinte foetale augmente avec l'avancement de la grossesse mais les troubles graves surviennent surtout lors d'une contamination avant le 4 ème mois.
En France, la réalisation d'une sérologie toxoplasmique est obligatoire en début de grossesse. La positivité doit être confirmée par une seconde sérologie. En cas de négativité, une sérologie doit être pratiquée tous les mois et les conseils de
prévention appliqués

SEMIOLOGIE CHEZ LA FEMME ENCEINTE
---- Dans 60 % des cas, la toxoplasmose est asymptomatique.
---- Les signes éventuels sont bénins et peu spécifiques : $ pseudo-grippal
---- L'existence d'adénopathies cervicales postérieures est plus évocatrice

CINETIQUE DES ANTICORPS

Courbe sérologique chez la femme enceinte

INTERPRETATION DU DEPISTAGE SEROLOGIQUE
PENDANT LA GROSSESSE

1er PRELEVEMENT : IgG + et IgM + :
Infection récente possible
2ème Prélèvement ( 2 à 3 semaines )
  • IgM stable = infection datant de plus de 2 mois
  • Augmentation des IgM : Infection récente



    1er PRELEVEMENT : IgG - et IgM +
    Début d'infection ou IgM non spécifique
    2ème Prélèvement (2 à 3 semaines )
  • IgG présents = infection récente ( IgM toujours +)
  • IgG absents = IgM non spécifique et absence d'immunité. Controle à 3 semaines

    1er PRELEVEMENT : IgG + et IgM -
    Infection ancienne probable
    2ème Prélèvement ( 2 à 3 semaines ) : il reste indispensable pour éliiner une séroconversion sans IgM ( rare 1 % des cas )
  • IgG stable = infection ancienne ( toujours IgM -)
  • Augmentation des IgG : soit réactivation sérologique soit primo infection sans IgM . Nécéssité de techniques complémentaires

    1er PRELEVEMENT IgG - et IgM -
    Absence d'imunité nécessitant un dépistage mensuel et les mesures de prévention
    Les Prélèvements mensuels suivants
  • IgG - et IgM - : même conclusion
  • IgG - et IgM + : Début d'infection ou IgM non spécifique . Contrôle à 2-3 semaines
  • IgG + et IgM + : Séroconversion récente à confirmer rapidement
  • IgG + et IgM - : Primo infection sans IgM+. Ac passifs par transfusion

    CAT et TRAITEMENT D'UNE SEROCONVERSION
    EN COURS DE GROSSESSE

    En cas d'infection maternelle, même précoce, on ne conseille plus l'ITG comme cela se faisait parfois lorsque le diagnostic foetal n'était pas possible.
    Esculape : ça c'est la théorie. La toxoplasmose congénitale atteint 3/1000 des NNE dont 7 % décèdent in utero ou à la naissance, 13 % atteinte neurologique sevère, 9 % atteintes occulaires ( Impact Dossier N°4 1983 ! ancien donc ). En cas d'infection foetale démontrée par l'amniocentèse, une décision d'ITG prise par le couple est tout à fait compréhensible et doit être respectée
    Un avis spécialisé, une surveillance échographique et un large dialogue avec le couple sont indispensables.
    C'est une situation " hyper-anxiogène " pour tout le monde !!
    Voir également CAT DEVANT UNE SEROCONVERSION DE TOXOPLASMOSE EN COURS DE GROSSESSE. Par Robert MAILLET, Philippe ROTH - http://www.syngof.fr/
  • Dés que le diagnostic d'infection maternelle est posé, un traitement par la spiramycine est mis en route pour diminuer le risque de contamination foetale.
    Il s'agit d'un traitement préventif et non du traitement curatif d'une infection foetale.
  • La transmission foetale est recherchée sur le liquide amniotique à partir de la 18ème semaine et 4 semaines au moins aprés la date présumée de l'infection maternelle
  • Des examens echographiques mensuels complètent la pris en charge
  • Si l'infection foetale est démontrée par l'amniocentèse, on traite la toxoplasmose congénitale par l'association pyriméthamine-sulfadiazine ( MALOCIDE ® - ADIAZINE ® ). Ce trt est poursuivi chez l'enfant dés la naissance.
    Il n'est pas totalement curatif car inefficace sur les kystes mais actif sur les formes libres du parasite ( tachyzoïte ) qui sont dans la circulation sanguine et le liquide amniotique. Il vise à stabiliser les lésions existantes et à diminuer le risque de rechute ultérieure en particulier au niveau occulaire ( choriorétinite ).
    NB : Les kytes occulaires peuvent rester quiescents pendant des années ( 20, 30...) et un jour se réveiller en entrainant une toxoplasmose occulaire
  • MAJ 01/2007
    Toxoplasmose congénitale : on n’y voit toujours pas très clair !
    The SYROCOT study group : « Effectiveness of prenatal treatment for congenital toxoplasmosis : a meta-analysis of individual patient's data. » Lancet 2007; 369: 115-22.
    Publié le 17/01/2007 jim.fr

    Un groupe international, dénommé SYROCOT (pour Systematic Review on Congenital Toxoplasmosis) a donc tenté d’évaluer l’intérêt des traitements durant la grossesse en soumettant la question à une méta-analyse. Vingt-six études de cohortes au total ont été retenues pour cette méta-analyse reprenant les données individuelles des patients. Le risque de contamination fœtale augmente au cours de la grossesse Ce travail a d’abord permis de confirmer ou de préciser certaines données sur l’épidémiologie de l’affection. Le risque de transmission materno-fœtale de l’infection augmente avec l’âge gestationnel lors de la séroconversion, passant de 15 % à 13 semaines à 71 % à 36 semaines. A l’inverse, le risque de lésions intracrâniennes ou d’atteintes oculaires diminue avec l’âge gestationnel lors de la séroconversion, évoluant par exemple pour les lésions intracrâniennes d’un peu plus de 20 % à la 10ème semaine à moins de 10 % à la 25ème semaine. Pas de preuve d’une efficacité des traitements sur les signes cliniques chez l’enfant En se basant sur les 1 438 femmes traitées durant leur grossesse pour une primo-infection à T gondii, le risque de transmission materno-fœtale de l’infection est apparu comme significativement (mais modestement) diminué par un traitement très précoce par rapport à la date de la séroconversion (risque ou plutôt odds ratio d’infection fœtale, 0,48 pour les femmes traitées moins de 3 semaines après la séroconversion par rapport aux patientes traitées plus de 8 semaines après [intervalle de confiance à 95 % entre 0,28 et 0,80 ; p=0,05]). La comparaison, parmi les 550 enfants nés vivants et infectés, de ceux dont les mères avaient été traitées et de ceux qui ne l’avaient pas été (n=164) n’a pas permis de mettre en évidence de différence significative dans la fréquence des manifestations cliniques de toxoplasmose congénitale. Une analyse des types de traitements reçus (spiramycine et/ou association pyriméthamine-sulphonamide) n’a pas non plus permis de distinguer un protocole plus efficace que les autres à l’exception de la constatation très paradoxale d’une fréquence accrue de manifestations cliniques chez les enfants traités in utero successivement par spiramycine puis association pyriméthamine-sulphonamide. Au total, compte tenu des nombreux biais inhérents à ce type d’études de cohorte (et notamment du biais d’indication qui explique certainement l’aggravation apparente du pronostic lorsque l’on passe de la spiramycine à l’association pyriméthamine-sulphonamide) cette méta-analyse ne permet pas de trancher définitivement la question de l’intérêt du traitement des mères infectées sur le risque de manifestations cliniques chez leurs enfants. Pour y voir plus clair il faudrait, en théorie, mettre en place une étude contrôlée randomisée comparant divers traitements à un placebo dans des cas de toxoplasmose fœtale. Mais un tel essai paraît difficile à envisager, en raison du nombre très élevé de femmes enceintes à y inclure et surtout des questions éthiques qu’il soulèverait. En effet, même en l’absence de preuves formelles de l’efficacité clinique des traitements proposés, il paraîtrait difficile de ne pas traiter par des produits actifs une femme enceinte contaminée. Et même si cet obstacle éthique pouvait être franchi, un taux de refus d’inclusion que l’on peut prévoir très élevé, empêcherait vraisemblablement que l’étude soit conduite à son terme. Il nous faut donc, dans l’attente de cette étude très hypothétique, continuer à dépister et à traiter le plutôt possible les primo-infections à T gondii chez la femme enceinte.
    Dr Anastasia Roublev

    .
    LA PREVENTION - RECOMMANDATIONS
    Le risque de séroconversion est 8 fois plus élevé chez les femmes
    n'ayant pas bénéficié d'un information suffisante

    Madame,
    La Toxoplasmose est une maladie infectieuse sans gravité sauf en cas de grossesse.
    Dans 60 % des cas elle passe inapercue.
    Vous n'avez jamais contracté cette maladie et vous devez - durant - toute votre grossesse - suivre les recommandations suivantes :

    Une fois par mois
    ---- Vous pratiquerez une prise de sang de contrôle

    Evitez tout contact avec les chats et les objets pouvant être contaminés par leurs excréments
    ---- Bacs et litières. Les désinfecter avec l'eau de javel.
    ---- Portr des gants pour jardiner
    ---- Laver soigneusement les mains aprés toute manipulation même protégée.
    REMARQUE : Chat et enfant , voir
    le risque allergique

    Bien cuire les viandes :
    ---- (boeuf, mouton, cheval) c'est à dire cuite dans toute l'épaisseur de la viande.
    ---- Eviter les viandes marinées, fumées ou grilées
    ---- Privilégiez le poisson et le poulet
    Lors de la préparation des repas
    ---- Laver soigneusement les légumes et les plantes aromatiques surtout s'ils sont terreux et consommés crus.
    ---- Laver soigneusement les ustensiles de cuisine ainsi que le plan de travail
    ---- Laver soigneusement les mains aprés contact avec les légumes, les fruits, la viande et avant de passer à table.

    Lors des repas pris hors du domicile
    ---- Eviter la consommaion de crudités et préférer les légumes cuits
    ---- Consommez des viandes bien cuites et privilégiez le poulet et le poisson.

    .
    TECHNIQUES COMPLEMENTAIRES

  • Recherche et titrage d'IgG dirigées spécifiquement contre des antigènes membranaires du tachyzoïte càd la forme libre du parasite (agglutination différentielle HS/AC). Leur absence ou leur présence à un titre relativement faible a valeur d'exclusion.

  • Mesure de l'avidité des IgG en Elisa. Elle est faible en début d'infection et croît au fur à mesure. Une forte avididté permet d'exclure une infection acquise en cours de la grossesse.

  • Accueil NouveautésEmail webmaster Sommaire FMC Sommaire généralPage précédente