FILARIOSE
L'éléphantiasis bientôt vaincu ?
Selon l'OMS, plus d'un milliard de personnes courent le risque de
contracter la filariose lymphatique, plus connue sous le nom d'éléphantiasis.
Pour
venir à bout de ce fléau, l'OMS et la société SmithKline Beecham (SB) viennent
de signer un accord en vertu duquel cette dernière mettra gratuitement un
médicament, l'albendazole, à la disposition de l'OMS pour éradiquer cette
maladie.
Les spécialistes estiment qu'il faudra une vingtaine d'années pour éliminer la maladie, qui
touche 120 millions de personnes dont le tiers vit en Afrique. Le traitement par
l'albendazole consiste à administrer une dose chaque année, pendant quatre à cinq ans, à
toutes les personnes vivant dans les zones infestées, qu'elles soient malades ou non.
L'albendazole est déjà utilisé dans le monde entier pour combattre les parasites intestinaux
; il s'est révélé efficace à 99 % contre le parasite responsable de l'éléphantiasis lorsqu'il est
associé à un autre antiparasitaire.
Les moustiques transmettent la maladie en piquant des personnes infectées et en
absorbant les microfilaires, des larves minuscules circulant dans le sang. Les larves se
développent dans le moustique, qui les injecte à un nouvel individu où elles achèveront
leur développement.
Adultes, les vers atteignent 4 à 10 centimètres de long et leur
longévité peut être de 15 ans. Ils se logent dans le système lymphatique où ils peuvent
provoquer une infiltration oedomateuse, un gonflement tellement monstrueux, notamment
lorsqu'il touche les jambes, qu'il évoque des pattes d'éléphant (d'où le nom de la maladie).
Mais d'autres parties du corps peuvent être atteintes, comme les bras, les organes
génitaux, la vulve et les seins.
Les filaires peuvent aussi provoquer des dégâts dans les
reins et le système lymphatique.
Dans le cas de l'onchocercose, c'est un autre géant de la
pharmacie, Merck, qui a fourni gratuitement l'ivermectine. Ce médicament, administré à
raison d'une dose annuelle, a permis l'arrêt presque total de la transmission de la maladie
dans les 11 pays du programme. Devant ce succès, une extension à 19 autres pays
d'endémie d'Afrique centrale et orientale a démarré en 1996.
L'ivermectine est justement l'un des deux médicaments qui, associé à l'albendazole,
permet l'élimination à 99 % des filaires responsables de l'éléphantiasis. L'efficacité, la
simplicité du traitement ainsi que son coût limité (grâce à la fourniture gratuite des
médicaments), autorise tous les espoirs quant à l'éradication planétaire de l'éléphantiasis
d'ici une vingtaine d'années. Ainsi, tout comme l'onchocercose, la lèpre et la maladie de
Chagas, la filariose lymphatique pourrait déjà être éliminée en tant que problème de santé
publique au cours des dix prochaines années.
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