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PRÉ-ÉCLAMPSIE

Chez une femme enceinte atteinte d'HTA traitée ou non, essentielle, ancienne ou purement obstétricale ( càd d'origine placentaire - toxémique) l'apparition de certains signes cliniques imposent l'hospitalisation d'urgence.
Voir également : Grossesse et HTA
Voir en bas de page : MAJ Juin 2002 : un traitement peu coûteux, le sulfate de magnésium ! (Source OMS)
Voir en bas de page Aspirine et prévention

Ils sont particulièrement significatifs à partir du 6ème mois de grossesse

La patiente et son entourage doivent en être informés ++ et immédiatement contacter le MG, l'obstétricien voire le SAMU
........* Douleurs épigastriques en barre
........* Nausées, vomissements
........* Céphalées, obnubilation
....... * Phosphènes, accouphènes

A l'examen, une toxémie sevère est certaine :
---- A partir du 6ème mois.
---- PAD > 100 mmHg et/ou PAS > 160 mmHg
---- Oedème doigts, visage, prise de poids rapide
---- Pétéchies, épistaxis, hémorragie digestive

L'éclampsie, Le HELLP ( hématome rétroplacentaire- contracture utérine, bradycardie foetale) nécessitent une césarienne en urgence.

En attendant le SAMU, le MG :
---- 10 mg de VALIUM 10 mg 1 ampoul IM
---- Patiente en décubitus latéral gauche
---- Libération et surveillance des voies aériennes hautes ( canule de Guedel par exemple)

RAPPEL (http://www.sfar.org)

La définition des désordres hypertensifs survenant au cours de la grossesse amène à distinguer plusieurs types d’atteintes.
  • L’hypertension artérielle gravidique (HTAG) se définit comme une hypertension (PAS > 140 mm Hg et/ou PAD > 90 mm Hg) isolée, sans protéinurie apparue à partir de la 20ème semaine d’aménorrhée (SA) en l’absence d’antécédent.
  • La prééclampsie (PE) associe à cette HTAG une protéinurie > à 300 mg/j ou > à 2 croix. Dans certains cas, la protéinurie peut manquer initialement, il est cependant licite de suspecter une PE devant une HTA de novo associée à l’un ou l’autre des signes suivants:
    1.œdèmes d’apparition brutale ou rapidement aggravés
    2.uricémie > à 350 µmol/L
    3.augmentation des ASAT au-delà des normes du laboratoire
    4.plaquettes < à 150.000/mm3
    5.retard de croissance in utero (RCIU).
  • La PE sévère se définit soit par une hypertension grave (PAS > à 160 mm Hg et/ou PAD > 110 mm Hg), soit une HTAG telle que définie plus haut avec un ou plusieurs des signes suivants :
    douleurs épigastriques, nausées, vomissements
    céphalées persistantes, hyper réflectivité ostéo-tendineuse, troubles visuels.
    protéinurie > à 3,5 g/j
    créatininémie > à 100 µmol/L
    oligurie avec diurèse < 20 mL/H
    hémolyse
    ASAT > à trois fois la norme du laboratoire
    thrombopénie < à 100.000/mm3.

    Pour en savoir plus : HTA et grossesse (http://www.nephrohus.org)
    Pour en savoir plus Réanimation des formes graves de prééclampsie (http://www.sfar.org)

    MAJ Juin 2002 : un traitement peu coûteux !
    Source: British Medical Journal

    Sulfate de magnésium ( S M ) et traitement de la pré-éclampsie.

    Les injections en IV de SM diminuent de moitié le risque d'éclampsie, conclut un essai randomisé publié en 2002 dans Lancet.

    Plus de 10000 femmes, de 33 pays ( dont beaucoup appartenant au tiers-monde ) ont participé à cette étude: quelques effets désagréables mineurs ( flush, prurit ) chez un quart des femmes sans conséquences graves pour la mère ou le bébé. Pas de diminution du risque de décès chez le bébé, mais il est réduit chez la mère: le risque de développer une éclampsie est diminué de 58% par rapport au groupe placebo.

    L'étude, dite Magpie, est le premier essai d'une telle envergure. Un autre essai, publié en 1998 dans Lancet et portant sur 1687 femmes, laissait déjà prévoir l'efficacité de ce traitement. Cela avait été confirmé au Royaume-Uni en pratique médicale.

    Auparavant, on utilisait le diazépam, la phénytoine, des cocktails lytiques...Actuellement, on ne les utilise plus que dans les pré-éclampsies les plus graves.

    En conclusion, il est possible de sauver un grand nombre de femmes grâce à ce traitement. Peu cher, il est abordable pour les pays pauvres.

    Traduit de l'anglais par le Dr André Figueredo - Source: British Medical Journal ( 08/06/2002)
    Lien: http://bmj.com/cgi/content/full/324/7350/1351/a

    ASPIRINE ET PRÉ-ÉCLAMPSIE
    Source: British Medical Journal 322, 10/02/2001; 329-333

    39 études ont été incluses dans une méta-analyse.
    Les femmes traitées par aspirine à petite dose ont présenté une réduction de 15 % du risque de prééclampsie quels que soit le niveau de risque, la dose d'aspirine administrée, la date de début de traitement. En revanche le nombre de décès maternels, d'éclampsies, de césariennes n'était pas modifié.

    Chez l'enfant, le taux de maturité était abaissé de 8% quand sa mère consommait 75 mg/j d'aspirine (ou moins) mais pas au delà de 75 mg.

    La mortalité globate (foetale, néonatale et infantile) était abaissé de 14% sous aspirine. Le nombre d'enfants de petits poids de naissance, la fréquence des saignements (chez la mère ou l'enfant) et tous les autres critères étaient comparables avec ou sans aspirine.

    Ces résultats justifient donc l'utilisation de petites doses d'apirine (75 mg/j) à partir de la 20ème semaine chez les patientes à risque
    • ATCD de prééclampsie
    • Diabète
    • HTA
    • Pathologie rénale
    • Maladies auto-immunes


    CMV, Chlamydiae pneumoniae et pré-éclampsie
    Von Dadelszen P et coll. "Levels of antibodies against cytomegalovirus and Chlamydophila pneumoniae are increased in early onset pre-eclampsia". BJOG 2003;110: 725-30. © Copyright 2003 http://www.jim.fr

    La pré-éclampsie et le retard de croissance in utero (RCIU) sont pour la mère des facteurs de risque de complications ultérieures en rapport avec l'athéromatose. Or, il existe un lien épidémiologique entre l'infection par Chlamydiae pneumoniae (CP) et le CMV et le risque de complications cardio-vasculaires liées à l'athérosclérose. Il est donc possible d'émettre l'hypothèse qu'une infection chronique par l'un de ces deux agents puisse être le facteur déclenchant des insuffisances placentaires d'origine vasculaire.

    P Von Dadelszen et coll. nous proposent une étude rétrospective cas-témoin avec dosage des immunoglobulines anti-CP et anti-CMV chez 9 patientes avec pré-éclampsie précoce, 29 ayant présenté une toxémie tardive, 33 RCIU sans hypertension et enfin 113 grossesses normales. Les femmes avec toxémie précoce avant 34 semaines d'aménorrhée présentaient un taux moyen d'anti-CMV et anti-CP significativement (p < 0,05) plus élevé que celui des femmes avec toxémie tardive, RCIU isolé et grossesse normale. Ces données publiées pour la 1ère fois pourraient représenter le lien physiopathologique entre la toxémie gravidique et le risque ultérieur d'athérosclérose.

    A la suite de cette étude préliminaire, il est possible d'imaginer que dans un futur plus ou moins proche un traitement anti-viral ou antibiotique pourrait jouer un rôle dans le traitement curatif ou préventif de la pré-éclampsie et de ses complications cardiovasculaires à long terme.

    Dr Jean-Marie Brideron

    Identifier le risque de pré-éclampsie.
    Traduit de l'anglais par le Dr André Figueredo - Source: the BMJ ( 12/03/2005 ).
    Lien: http://bmj.bmjjournals.com/cgi/content/full/330/7491/0

    Se basant sur 52 études, Duckitt et Harrington ont montré que les facteurs de risque les plus importants étaient:
    • des ATCD de pré-éclampsie.
    • la présence d'anticorps anti-phospholipidiques.

      Par ailleurs
    • un diabète préexistant, un indice de masse corporelle de 35 ou plus avant la grossesse quadruplent le risque.

    • A un moindre degré, une HTA préexistante, une pathologie rénale, une maladie chronique auto-immune, un délai de 10 ans ou plus entre les grossesses augmentent le risque.
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