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DENGUE
Arbovirose - Flavivirus

MAJ 2012 - 2016

Arbovirose transmise par les moustiques ( Aedes aegypti albopictus) autrefois appelée le ' petit palu" ou "grippe tropicale".

La dengue, qui peut être provoquée par quatre virus, antigéniquement distincts : Dengue 1, 2, 3 et 4. a été à l'origine d'importantes épidémies. Elle sévit aujourd'hui dans la zone intertropicale.

Soixante à 100 millions de personnes sont infectées chaque année dans le monde, et la forme grave de la maladie, la dengue hémorragique, en recrudescence dans plusieurs régions intertropicales, est responsable de plus de 20 000 morts annuelles.
Selon l'Institut Pasteur la forme hémorragique de la maladie est inconnue en Afrique (2003).

Dans ce continent, la maladie commence par une fièvre brutale. Cette fièvre est diphasique, accompagnée de céphalées, de douleurs lombaires et de courbatures généralisées. La reprise fébrile est accompagnée ou non d'un rash.
Elle peut facilement être confondue avec d'autres maladies aiguës fébriles comme le chikungunya voire le paludisme (cf infra).
NB : En 2015 alerte au virus Zika [Lire]

Voir également : http://www.invs.sante.fr/surveillance/dengue/default.htm

Dengvaxia ® - Vaccin anti-dengue
1er mars 2016
La première autorisation de mise sur le marché mexicain de Dengvaxia ® représente une étape historique qui ouvre la voie à une réduction importante du poids de la dengue dans les pays endémiques.
[Communiqué de presse Sanofi-Pasteur]

MAJ 2012


SEMIOLOGIE
Aprés une incubation de 3 à 4 jours :
---- $ fébrile intense avec myalgies, arthralgies
---- céphalée forte et parfois $ méningé clinique.
---- Eruption érythématomaculeuse du throrax et de la face (inconstante). Elle peut devenir purpurique vers J5-6
En phase d'état :
---- Céphalées rétro-orbitaires intenses
---- Troubles digestifs (diarhées, vomissements) - Association évoquant un $ méningé
---- Subictère
---- Epixtaxis, troubles neurologiques plus rarement
Dans la forme hémorragique , apparition d'un $ hémorragique vers J3-4 pouvant évoluer vers un choc-cardiovasculaire

Vous suspectez un cas de dengue. Que faire ?

Un diagnostic biologique est donc indispensable pour confirmer toute suspicion de dengue.

Devant toute suspicion de syndrome «dengue like »
il est demandé aux médecins de prescrire systématiquement 2 prélèvements :
Pour les patients voyageurs ne pas oublier le risque paludisme
  • 1er prélèvement :
    Dans tous les cas : Sérologie (IgM et IgG) Dengue ET Chikungunya
    Et si date début symptômes < 5 j rajouter RT-PCR Dengue ET Chikungunya

  • 2ème prélèvement (15 jours plus tard):
    si 1er résultat douteux: sérologie (IgM et IgG) Dengue ET Chikungunya
Il est important également que les personnes se voyant prescrire une confirmation biologique se rendent au laboratoire d’analyse.

Syndrome « dengue like »
Fièvre d’apparition brutale (>38.5) avec association de un ou plusieurs symptômes non spécifiques suivants :
douleurs musculo-articulaires, manifestations hémorragiques, céphalées frontales,
asthénie, signes digestifs, douleur rétro-orbitaire, éruption maculo-papuleuse.

BIOLOGIEB
---- NFs VS/CRP
---- Leuco-thrombopénie
---- Discrète et inconstante augmentation des transaminases
---- PL : méningite lymphocytaire possible


TRAITEMENT
Pas de trt spécifique.
Paracétamol , Antiémétiques - antalgiques


NB : Le virus West Nile plus rarement [Lire
NB : En 2015 alerte au virus Zika [Lire]



Traitement

En l’absence d’un traitement antiviral spécifique, la prise en charge est centrée sur la surveillance et les traitements symptomatiques : antalgiques, antipyrétiques, maintien des fonctions essentielles. Elle est adaptée à l’état clinique du patient, en étant attentif aux effets iatrogènes des thérapeutiques prescrites :
– prescrire le plus tôt possible le traitement symptomatique pour soulager la douleur et la fièvre ;
– la prescription de salicylés est contre-indiquée : par leur action anti-aggrégante plaquettaire, ils aggraveraient un tableau de DH/DSC ;
– tenir compte des traitements déjà pris par le malade, y compris la phytothérapie,
Institut de veille sanitaire - Dengue : point sur les connaissances
– prescrire, si nécessaire, une kinésithérapie à des fins antalgiques (massage, cryothérapie, chaleur locale…), avec mobilisation précoce après la phase fébrile,
– surveiller ultérieurement l’apparition d’effets indésirables liés au traitement,
– surveiller de manière accrue les comorbidités : insuffisance cardiaque, insuffisance hépatique, insuffisance coronaire, diabète, insuffisance rénale chronique…,
– expliquer au patient et à son entourage les mesures de protection pour éviter la transmission vectorielle.

En cas d’apparition de signes hémorragiques francs, d’une obnubilation ou de symptômes de choc (agitation, pouls accéléré et pression artérielle pincée, froideur des extrémités) une hospitalisation urgente s’impose, si possible en unité de soins intensifs pour remplissage vasculaire.

Surveillance de la dengue : maladie à déclaration obligatoire

Formulaire de déclaration : [Lire] ((pdf)

En raison du risque d’introduction du virus de la dengue en France métropolitaine, un plan été mis en place et comprend surveillance entomologique et épidémiologique. Il a pour objectif la détection précoce de la présence et de l’implantation du vecteur Aedes albopictus et de patients potentiellement virémiques afin de permettre la mise en oeuvre rapide et coordonnée de mesures de prévention et de protection des personnes. Ces mesures seront graduelles et proportionnelles au risque. La surveillance des cas humains est basée sur la déclaration obligatoire. L'aspirine est déconseillé pour l'augmentation du risque hémorragique
Esculape : L'importance des céphalées impose parfois une corticothérapie courte ( et une PL) !
Les formes hémorragiques nécessitent une hospitalisation ( PDF, CIVD)

Une asthénie intense persiste ensuite pendant plusieurs semaines ( comme aprés une hépatite virale) Il n'existe pas actuellement de vaccin mais des travaux sont en cours.

PREVENTION
En l'absence de vaccin, la prophylaxie repose sur une meilleure connaissance de la maladie (fièvre de survenue brutale accompagnée de symptômes variés, comme une céphalée, des douleurs rétro orbitaires, musculaires et/ou articulaires, un rash, etc) et une protection efficace contre les piqûres des moustiques vecteurs. Contrairement aux anophèles vectrices du paludisme, les Aedes en cause ici piquent durant la journée...

Autre arbovirose : Fièvre jaune [Lire]

INFOS : Février 2000 (http://quotidien.sciencesetavenir.com/sci_20000204.OBS1826.html)

Les dengues à l'assaut du Monde
Lindbäck H et coll. : "Dengue fever in travelers to the tropics, 1998 and 1999." Emerging Infectious Diseases 2003, 4; 438-442. © Copyright 2003 http://www.jim.fr
Date de création : 17 avril 2003

Les conditions sont réunies pour que ça explose, et c'est peut-être ce qui est en train de se passer: des pics épidémiques toujours plus fréquents dans la plupart des régions endémiques touristiques de l'Asie du sud-est, des Caraïbes, de l'Amérique du sud ou d'ailleurs, pas de vaccin et des médecins pas toujours parfaitement au courant du danger...

La dengue et ses 4 sérotypes, dont au moins une forme, dite DHF pour dengue-hemorrhagic fever, est particulièrement sévère et parfois fatale, devient une infection de plus en plus fréquente du touriste occidental. Pour mieux en évaluer le risque et en reconnaître les conseils de prévention utiles, H.Lindbäck et coll. ont analysé les cas suédois survenus en 1998 et 1999. La première surprise, et ce n'est pas la moindre, est qu'ils aient pu en réunir 107...

Les facteurs de risque associés à l'acquisition de l'infection étaient les suivants:
  • - Voyage en Malaisie (odds ratio 4,95);
  • - Age 15-29 ans (OR 3,3)
  • - Durée du séjour > 25 jours (OR 8,75)
Des résultats finalement assez logiques, sauf que... l'interrogatoire des patients révélait que 3 d'entre eux seulement avaient reçu de leurs médecins des avis circonstanciés ! Voilà qui paraît particulièrement surprenant à l'heure où des épidémies d'envergure balaient la péninsule Malaise les unes après les autres. A la décharge des médecins, on reconnaîtra que les autorités locales ne font rien pour les aider, bien au contraire, puisqu'elles cachent à l'OMS le nombre réel des cas de dengue pour ne paniquer ni les touristes ni les populations locales ; une attitude qui vient d'être dénoncée au parlement par l'opposition, mais qui traduit de manière éclatante l'ampleur du problème...

Que l'économie des pays concernés risque ou non d'en souffrir, la dengue s'impose comme l'un des premiers challenges de santé publique des régions tropicales. Il faut en avertir nos patients voyageurs et leur apprendre à s'en protéger, d'autant plus s'ils sont jeunes et aventuriers. En l'absence de vaccin, la prophylaxie repose sur une meilleure connaissance de la maladie (fièvre de survenue brutale accompagnée de symptômes variés, comme une céphalée, des douleurs rétro orbitaires, musculaires et/ou articulaires, un rash, etc) et une protection efficace contre les piqûres des moustiques vecteurs. Cette dernière n'est pas si simple: si 42 des patients de Lindbäck n'avaient jamais songé à utiliser la moindre moustiquaire, 14 l'avaient fait par intermittence et 17 de façon régulière. Contrairement aux anophèles vectrices du paludisme, les Aedes en cause ici piquent durant la journée... Dr Jack Breuil
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