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SPID - FIBROMYALGIE - POLYENTHESOPATHIE


MAJ : 1997 - 2004 - 2008 2016






Syndrome associant des douleurs diffuses chroniques, mobiles avec enraidissement matinal et à prédominance axiale, rhizomélique touchant surtout les insertions tendineuses et les muscles. Il n'existe pas de $ inflammatoire biologique. Les femmes sont largement plus atteintes que les hommes.
Il parait également avoir des points communs - ou être associé - avec
le syndrome de fatigue chronique

La Fibromyalgie est reconnue par l'O.M.S. depuis 1992 et figure dans la liste ICO-10 rhumatisme non spécifié. Elle touche 2,2% de la population mondiale.
En France, on estime que plus de 1,3 millions de personnes sont atteintes ! A noter toutefois qu'elle peut se confondre ou être associée aux troubles musculo-squelettiques liés au travail (TMS)

Cette pathologie est trop souvent mal appréhendée par le corps médical, du fait qu'elle est scientifiquement mal connue et qu'elle revêt des symptômes multiples et variables dans le temps : c'est ainsi qu'handicap invisible, elle est ressentie comme "Mal partout et fatigue chronique" sans substratum biologique net. :

12 octobre 2016
La commission d'enquête a adopté le rapport à l’unanimité
Le rapport d’enquête de l’Assemblée nationale sur la fibromyalgie constitue un pas en avant important dans la reconnaissance et la prise en charge de cette pathologie méconnue, insuffisant comprise, et qui toucherait cependant 1 à 2% de la population mondiale, et 1,2 à 2 millions de personnes en France, essentiellement des femmes (87%). Le rapport présente 20 propositions. Il préconise notamment d'adopter désormais le concept de maladie plutôt que celui de syndrome pour évoquer la fibromyalgie,En application des dispositions du Règlement de l'Assemblée nationale relatives à la publication des rapports des commissions d’enquête qui imposent un délai de 5 jours francs, le rapport ne sera communicable que le 19 octobre. A suivre...

En 2016, un diagnostic à évoquer
La maladie de Lyme la « grande imitatrice »
Cette maladie peut évoquer surtout dans à la troisième phase de nombreuses maladies telles que : lupus, fibromyalgie, Parkinson, Alzheimer, arthrite chronique, certaines affections psychiatriques, maladies auto-immunes, syndrome de fatigue chronique, sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophique… [Lire]


La pathogénie reste obscure mais plusieurs points sont à noter.
  • Eliminer une connectivite voire un rhumatisme inflammatoire par une recherche soigneuse d'éléments associés ( yeux, thyroïde, etc...) et éventuellement un bilan biologique.
  • Recherche soigneuse d'un foyer/inflammatoire chronique ( dents, sinus, intestin, gynécologique,etc...)
  • Est il apparu à la ménopause ? +++
  • Existe-t-il une dépression, stress, etc... associé ?
  • Des troubles du sommeil ? Non pas tant en quantité mais en qualité (asthénie matinale paradoxale)
  • Une asthénie inexpliquée évoluant depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois ($ de fatigue chronique)
  • Existe-t-il une origine post-quelque chose ? Grippe, accident, etc....

  • Diagnostic de la fribromyalgie ++++ (Critères de l'American College of Rheumatology )
  • Reconnaitre la Fibromyalgie
  • FIBROMYALGIE FRANCE Union Française des Adhérents Fibromylagiques
  • "Syndrome d'hyposommeil" : la fibromyalgie

  • A lire également " Fibromylagie : Hypothèse d’une insidieuse intoxication chronique">[Lien] ou en cas d'échec [copie locale])

TRAITEMENT
Etiologique si possible.
Voir : Traitement de la Fibromyalgie
Traitement hormonal substitutif +++.
LAROXYL Gttes 10 à 50 gouttes le soir par paliers progressifs. Autres
Antidépresseurs sérotoninergiques.
Il parait préférable d'éviter la plupart des benzodiazépines et les neuroleptiques

.

Symposium " AGORA DOULEUR SOMMEIL "
THERAPLIX et RHONE-POULENC RORER

Selon Moldofsky, psychiatre canadien, les sujets fibromylagiques ont un sommeil fragmenté càd un sommeil entrecoupé de nombreux micro-éveils. Ces anomalies ne sont pas dues à la douleur chronique mais en sont l'origine. Le sommeil n'a plus son rôle répérateur.
Expérimentalement, des symptomes analogues ) ceux de la fibromylagie ont été obtenus par fragmentation artificielle du sommeil profond chez des sujets indemnes. Les douleurs disparaissent ensuite en quelques nuits de sommeil normal.
Du point de vue neurochimique, la sérotonine parait être un bon candidat comme médiateur de la fibromylagie.
D'aprés le Dr Calander ( CHU de Montpellier ), elle joue un rôle dans la régulation du sommeil et dans la sensibilité à la douleur.

Esculape: Nous retrouvons là un début d'explication à des attitudes empiriques à la fois sur le trt de la fibromyalgie, la fatigue chronique ( et son analyse en dépression d'épuisement ), les troubles du sommeil et le vécu douloureux.
Notons toutefois que le PROZAC peut entrainer des troubles importants du sommeil... Sérotonine, récepteurs et autres neuromédiateurs nous réservent encore bien des surprises.
Voir
SPID - Trt
A suivre.

MAJ : 30.10.1997 :
L'étude de la migraine, céphalée de tension, fibromyalgie et du sevrage aux opiacés a permi de trouver dans ces 4 cas une hypersensibilité vasomotrice à la sérotonine et à la dopamine rattachée à un déficit central de ces 2 neurotransmetteurs (SICUTERI F : dopamine and 5 HT supersensisitivity in nonorganic central pain and in morphine abstinence. Neuropeptides and neuronal communication ED raven NY 1980)


.

RECONNAITRE LA FIBROMYALGIE
Source :
SFR : Société Française de Rhumatologie

La fibromyalgie, ou fibrosite (3), ou polyenthésopathie, ou syndrome polyalgique idiopathie diffus (1) est une entité douloureuse chronique encore controversée située aux confins de la rhumatologie et de la pathologie psychosomatique. Longtemps négligée, sa définition a évolué et depuis une dizaine d'années, de très nombreux travaux lui sont consacrés.

C'est Hench qui en 1976 proposa le terme de fibromyalgie et sa définition actuelle s'appuie essentiellement sur des données cliniques, dans la mesure où aucun marqueur biologique n'a jusqu'alors pu être individualisé.
Cette entité assez fréquente représenterait 6 à 20 % des consultation de rhumatologie. Syndrome douloureux chronique, la fibromyalgie peut débuter à l'adolescence, le plus souvent entre 20 et 35 ans et touche les femmes dans 70 à 90 % des cas. Les sujets se plaignent d'avoir "mal partout". La douleur est le symptôme majeur, ressentie comme une sensation de nouure muculaire accompagnée de points douloureux aux insertions musculo-tendineuses. La douleur est variable, aggravée par l'effort, la fatigue, le froid, l'humidité, le stress, le changement de temps, les positions longtemps maintenues dans la vie professionnelle ou les activités ménagères.
Le repos apporte habituellement un soulagement, bien que l'on observe parfois des paroxysmes nocturnes, un gonflement articulaire ou une raideur matinale pouvant à tort faire évoquer un rhumatisme inflammatoire.
- Les douleurs intéressent avant tout les régions cervico-scapulaires et lombofessières. Les extrémités des mains et des pieds sont habituellement respectées mais sont souvent le siège de sensations matinales de fourmillement ou de gonflement.
- La fatigue musculaire est le deuxième symptôme très fréquemment observé. Elle se manifeste le plus souvent lors d'activités qui nécessitent de travailler les bras en l'air, par exemple, laver les carreaux ou ranger de la vaisselle, porter des paquets ou se baisser.
- Ce tableau clinique s'accompagne fréquemment d'autres symptômes variés tels que céphalées de tension, colopathie fonctionnelle et surtout troubles du sommeil.
- Plus rarement, on signale des symptômes divers tels que des troubles génito-urinaires, un syndrome de Raynaud, un syndrome sec, un livedo...
- Des troubles psychiques peuvent être observés, le plus souvent à type d'état anxieux ou de syndrome dépressif, qu'il faudra prendre en compte dans la prise en charge thérapeutique.

Contrastant avec l'intensité de la plainte douloureuse, l'examen clinique apparait rassurant, en particulier ne retrouve pas d'épanchement articulaire, d'atteinte inflammatoire articulaire ou musculaire ou d'anomalie neurologique.
L'examen met en évidence de nombreux points douloureux à la pression, sans modification inflammatoire locale.
Dans la mesure où habituellement le patient se plaint spontanément que d'un nombre limité de zones douloureuses, il apparait important d'apprécier systématiquement la sensibilité douloureuse à la pression de 18 zones d'insertion tendino-musculaire le plus souvent concernées dans les syndromes fibromyalgiques (cf tableau).
On exerce ainsi une pression digitale modérée, habituellement non douloureuse (environ 4 Kg/cm2) sur ces 18 points musculo-tendineux, après avoir testé des points témoins normalement indolores à la pression situés au milieu du front, à la partie moyenne de l'avant bras et à la face antérieure de la cuisse.
- Selon les critères retenus par l'American College of Rheumatology en 1990, l'affirmation d'une fibromyalgie impose que l'on retrouve au moins 11 points douloureux sur 18 à la pression et que les douleurs diffuses durent depuis au moins trois mois (2).
- Pour d'autres auteurs (3) la présence d'au moins 5 points douloureux associés à l'existence de 3 autres critères mineurs suffisent pour affirmer le diagnostic.
Ces critères mineurs peuvent être soit un état anormal d'anxiété, une asthénie, des troubles du sommeil, une céphalées chronique, une colopathie fonctionnelle, une impression de gonflement des tissus mous, un engourdissement ou des paresthésies des extrémités, une aggravation de la douleur par l'anxiété ou le stress ou une influence de facteurs climatiques.

La fibromyalgie peut évoluer pendant des années avec un fond douloureux permanent entrecoupé de poussées entrainant souvent une importante gêne fonctionnelle mais jamais d'état d'invalidité. Sa persistance diminue de manière notable après 60 ans pour devenir exceptionnelle après 70 ans.
Face à un syndrome fibromyalgique, il apparait important d'exclure des pathologies organiques pouvant induire des états douloureux où se retrouvent des critères de fibromyalgie. En effet, toutes les pathologies ostéo-articulaires infectieuses (virales en particulier), auto-immunes, néoplasiques ou métaboliques peuvent être à l'origine de douleurs diffuses que l'on peut appeler fibromyalgie secondaire si l'on retrouve les critères. On évoquera la fibromyalgie primitive si l'on rapporte ces douleurs à une pathologie abarticulaire et si l'on élimine les autres causes de douleurs des tissus mous : bursite, ténosynovite, tendinite, panniculite...
Une évaluation clinique, radiologique et biologique est alors nécessaire confirmant l'absence de syndrome biologique inflammatoire, d'anomalies dysimmunitaires ou enzymatiques musculaires et d'atteinte radiologique.

REFERENCES
1. Benoist M., Boulu Ph., Fuster T.M., Kahn M.F., Cambier J. : Le syndrome polyalgique idiopathique diffus. Nouv. Presse Med., 1986, 15, 33, 1680-1682.
2. Wolfe F., Smythe H.A., Yunus M.B. et coll. : The American College of Rheumatology 1990 criteria for the classification of fibromyalgie. Report of the muticenter criteria committee. Arth. Rheum. 1990, 33, 160-172.
3. Yunus M. Masi A.T., Calabro J.J et al : Primary fibromyalgie (fibrositis). Clinical study of 50 patients with matched normal controls. Semin. Arthritis Rheum. 1981, 11, 151-71.


MAJ 02/2004 : L’IRM confirme l’état de souffrance des fibromyalgiques
Cook D et coll. : "Functional Imaging of Pain in Patients with Primary Fibromyalgia". J Rheumatol 2004;31(2):364-78. © Copyright 2004 http://www.jim.fr
Même si l’étude mentionnée ne prouve rien quant aux fondements de la fibromyalgie, ni à sa réalité en tant qu’entité unique, elle confirme cependant que l’on se trouve bien en face d’un mauvais fonctionnement du système nociceptif. Réalisée par l’une des sommités en la matière (Dane Cook est responsable des Chronic Fatigue Syndrome Cooperative Research Center and Departments of Radiology, Psychiatry, and Neurosciences de l’université de New Jersey, un département associé intimement au War-Related Illnesses and Injury Study Center), cette étude a utilisé la résonance magnétique fonctionnelle (fMRI) pour évaluer les réponses à des stimuli douloureux de deux groupes de femmes, 9 avec fibromyalgie (selon les critères ACR) et 9 volontaires saines.

Deux expériences ont été menées ; dans la première, une fMRI a été faite en dehors de tout stimulus douloureux tandis que les données psychopathologiques étaient récoltées et évaluées, dans la seconde, les candidates ont passé une fMRI tout en étant soumises à des stimuli douloureux et non douloureux selon une séquence pré-établie : pas de stimulus – stimulus non douloureux – stimulus douloureux (eau chaude à 47°C) – stimulus douloureux d’intensité identique - stimulus non douloureux. La première évaluation a ainsi confirmé que les femmes avec fibromyalgie étaient significativement plus sensibles à la douleur que le groupe contrôle (p<0.001). Les tests en fMRI ont montré que le groupe fibromyalgie présente une activité cérébrale significativement plus importante que le groupe contrôle quel que soit le stimulus (douloureux ou non) (p<0.01). Plus spécifiquement, ce sont les zones préfrontales, motrices, insulaires et corticales cingulaires antérieures (p<0.01) qui ont manifesté un comportement différent. La douleur s’explique donc physiologiquement chez les patientes fibromyalgiques. En attendant d’en trouver la cause ?
Dr Dominique-Jean Bouilliez

MAJ 04/2004
Syndrome fibromyalgique.
Un tiers des patients atteints de fibromyalgies ont en même temps un " côlon irritable ". L'association est renforcée par les résultats anormaux du test respiratoire au lactulose dans les 2 pathologies.
* Test respiratoire au lactulose: utilisé pour diagnostiquer une multiplication bactérienne anormale dans le grêle. Après une dose orale de 50 g de lactulose ( ou de glucose ) dissout dans 180 mL d'eau, l'hydrogène et le CH4 sont mesurés en fin d'expiration pendant 2-3 heures à des intervalles de 15-30 minutes. La multiplication microbienne est indiquée par une augmentation des taux d'H2 et/ou de CH4 à des taux pouvant atteindre 100 ppm, quand le lactulose ou le glucose pénètrent dans l'intestin grêle.
Sensibilité: 90%.
Spécificité: 80%.
Traduit de l'anglais par le Dr André Figueredo - Source: the British Medical Journal du 24/04/2004
Pour en savoir plus : http://bmj.bmjjournals.com/cgi/content/full/328/7446/1024

MAJ 11/2008
A systematic review on the effectiveness of treatment with antidepressants in fibromyalgia syndrome. Uçeyler N, Häuser W, Sommer C. University of Würzburg, Würzburg, Germany.

OBJECTIVE: To systematically review the efficacy of treatment of fibromyalgia syndrome (FMS) with antidepressants. METHODS: We screened Medline, PsychINFO, SCOPUS, and the Cochrane Library databases (through October 2007) and the reference sections of original studies, meta-analyses, and evidence-based guidelines and recommendations on antidepressants in FMS. Randomized controlled trials (RCTs) on the treatment of FMS with antidepressants were analyzed. Inclusion criteria, study characteristics, quality, and all outcome measures were investigated.

RESULTS: Twenty-six of 167 studies were included. The main outcome variables reviewed were pain, fatigue, sleep, depressiveness, and quality of life. Amitriptyline, studied in 13 RCTs, was efficient in reducing pain with a moderate magnitude of benefit (pain reduction by a mean of 26%, improvement in quality of life by 30%). Selective serotonin reuptake inhibitors (SSRIs) were studied in 12 RCTs, which also showed positive results, except for 2 studies on citalopram and 1 on paroxetine. Three RCTs on the dual serotonin and noradrenaline reuptake inhibitors (SNRIs) duloxetine and milnacipran and 1 of the 2 RCTs using the monoamine oxidase inhibitor moclobemide reported a positive result. The longest study duration was 12 weeks.

CONCLUSION: Amitriptyline 25-50 mg/day reduces pain, fatigue, and depressiveness in patients with FMS and improves sleep and quality of life. Most SSRIs and the SNRIs duloxetine and milnacipran are probably also effective. Short-term treatment of patients with FMS using amitriptyline or another of the antidepressants that were effective in RCTs can be recommended. Data on long-term efficacy are lacking.

MAJ 2009
Une nouvelle étude confirme l'efficacité des antidépresseurs. Celle-ci a rassemblé les résultats de 18 essais impliquant un total de 1.400 personnes touchées par la fibromyalgie. La mise en place d'un traitement par antidépresseurs a permis de réduire significativement les sensations de douleurs, mais également d'atténuer la fatigue, la dépression et les troubles du sommeil. Sachant qu'il existe différentes classes d'antidépresseurs, certains se sont révélés plus efficaces que d'autres, notamment les antidépresseurs tricycliques : Anafranil®, Tofranil®, Surmontil®, Laroxyl®, Prothiaden®, Kinupril®, Defanyl®. Il n'en reste pas moins que la prise en charge de la fibromyalgie doit être pluridisciplinaire et notamment faire appel à des solutions alternatives comme les thérapies cognitivo-comportementales, le biofeedback, etc.
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