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MUCOVISCIDOSE (2)

Maladie sévère et relativement fréquente, la MCVD est une maladie génétique à transmission autosomique récessive. Dans la suite des prélèvements obligatoires pour le dépistage de la phénylcétonurie et de l'hypothyroïdie, un prélèvement supplémentaire est maintenant effectué pour le dépistage de la mucoviscidose. Il s'agit d'une petite goutte de sang prélevée au talon de l'enfant et dans laquelle, une enzyme particulière appelée Trypsine Immuno-Réactive (T.I.R.) sera dosée.
Le gène déficient est le CFTR qui gère les transports transmembranaires du chlore et régulateurs d'autres transports ioniques.
Les conséquences cliniques sont multiples :
---- Respiratoires hyperviscosité des sécréations bronchiques
---- Fibrose kystique du pancréas
---- Augmentation du chlore sudoral (test de la sueur)
---- Le CFTR est également impliqué dans la production de médiateurs chimiques de l'inflammation comme les cytokines.

L'atteinte respiratoire n'est pas spécifiques : inflammation et surinfections des bronches et du parenchyme respiratoire, peu à peu détruits.
Elles conditionnent le pronostic

A voir absolument, le site de l'assocation Vaincre la mucoviscidose ( ex AFLM)
Voir également :
---- l'association SOS Mucoviscidose
---- Mucovisciose (diagnostic, traitement)

L'espoir de la Chimiothérapie
Chez un un patient traité par chimiothérapie pour fibrosarcome (épirubicine et cyclophosphamide), une nette amélioration des fonctions respiratoires a été notée (89 %)
L'hypothèse avancée est que la chimiothérapie entraine une augmentation des protéines MDR et MRP.
Observation publiée dans le Lancet

Une piste inattendue pour le traitement de la mucoviscidose

En traitant, par une substance ainti-cancéreuse, un patient atteint à la fois de mucoviscidose et d'un cancer, des chercheurs français de l'Ecole polytechnique (J-Y Lallemand et S. Blanquet) et de l'Hôpital Necker (G. Lenoir) à Paris ont observé avec surprise que leur malade était soulagé de sa mucoviscidose.

En étudiant soigneusement ce résultat les chercheurs ont pu conclure que l'anti-cancéreux utilisé aboutissait à la production d'une protéine dite MRP qui remplaçait la protéine CFTR, dont on sait que la mutation est la cause de la mucoviscidose. En dehors de son rôle dans le passage des ions chlorures la protéine CFTR laisse passer un peptide: le glutathion qui débarasse la cellule des radicaux libres, très toxiques pour la cellule.

C'est en servant de canal au glutathion que la protéine MRP permet de débarasser la cellule des dangereux radicaux libres. Si ces observations se confirment on devrait aboutir à un traitement efficace et simple de la mucoviscidose pour laquelle la thérapie génique a malheureusement jusqu'ici été inopérante.

ESSAI DE TRAITEMENT PAR LA COLCHICINE
Le premier essai au monde de traitement de la mucoviscidose à l'aide de la colchicine vient d'être lancé en France par l'équipe du Pr Gérard Lenoir (hôpital Necker-Enfants malades, Paris). Plusieurs arguments militent en faveur de cette molécule utilisée jusqu'à présent essentiellement dans la goutte.

Des patients cancéreux ayant une mucoviscidose et traités dans le cadre de leur chimiothérapie par la colchicine ont vu, contre toute attente, leur capacité respiratoire s'améliorer de manière persistante.

L'essai qui a débuté le 1er septembre concerne 85 enfants de plus de 5 ans atteints de formes moyenne ou modérée de la maladie. Contrôlé contre placebo, il est destiné à évaluer l'efficacité clinique de la posologie de 1 mg de colchicine. Résultats dans un an et demi.

PSEUDOMONAS AERUGINOSA
Mai 1999 : des essais en phase III confirment l'efficacité de la tobramycine dans le trt des infections par ce germe (Option/bio 227) .

Voir également : sosmucoviscidose Les avancées thérapeutiques (Professeur Philippe REINERT)
VACCIN ANTI-PYOCYANIQUE
Le vaccin contre le pyocyanique vient très récemment (avril 1999) de faire l'objet de communications mais en France nous manquons d'expériences à ce sujet. On sait que le pyocyanique attaque la muqueuse des sujets avec quatre facteurs de virulence qui sont des exotoxines qui s'appellent S, T, U et Y. Le travail qui a été publié il y a quelques jours montre qu'il y a une protéine, qui s'appelle PC2V, dont le rôle est de faire pénétrer dans les cellules respiratoires ces exotoxines et que si cette protéine disparaît, le pyocyanique n'est plus dangereux du tout. Le travail consiste donc à fabriquer un vaccin qui interdirait au pyocyanique de s'accrocher sur la muqueuse, y compris chez un sujet déjà infecté.

L'ESSAI TOBI
Depuis deux ans, nos amis nord-américains parlent beaucoup de l'essai TOBI ; il s'agit d'administrer par aérosol un antibiotique connu, la Tobramycine, mais sous une forme particulière, non irritante, qui n'est pas celle que, pour l'instant, on utilise en France. Le traitement est simple : on fait vingt-huit jours de traitement, puis on l'interrompt et ainsi de suite pendant vingt-quatre semaines. On constate qu'à chaque phase de traitement avec cette Tobramycine spéciale, le taux de pyocyanique chute. Mais ce qui est le plus intéressant concerne les fonctions respiratoires : dès la mise en œuvre des aérosols avec la Tobramycine, les patients (95 %) améliorent leurs épreuves fonctionnelles respiratoires, même pendant l'interruption du traitement. Le mode d'administration est ici important car il faut avoir la certitude que l'antibiotique se diffuse effectivement dans les poumons. Heureusement, nous allons bientôt pouvoir disposer en France de cette Tobramycine modifiée pour aérosols.

LA COLCHICINE
Tout ce qu'on peut en dire, c'est que les essais se prolongent : certains malades sont améliorés par la colchicine, d'autres pas du tout. Il est tout à fait essentiel que les essais soient faits en " double aveugle " pour que les résultats soient scientifiquement valables.
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