Accueil Recherche NouveautésEmail webmaster Tous les textes - FMCSommaire généralPage précédente
HEPATITE E
Source : Communication du Réseau Hépatite Virale (RHEVIR) - Juin 1997
MAJ 2003 - 2004 - 2011


Voir Centre National de Référence des virus des hépatites à transmission entérique : Hépatite A et Hépatite E www.cnr.vha-vhe.aphp.fr

MAJ 2011
DIrection Générale de la Santé
Prévenir l’hépatite E chez les personnes susceptibles de développer une forme grave
Certaines personnes sont susceptibles de développer des formes graves d’hépatite E : personnes immunodéprimées, personnes atteintes d’hépatopathie chronique et femmes enceintes. Cette fiche destinée aux professionnels de santé résume les connaissances actuelles et les principales recommandations utiles à leurs patients à risque. [Lire]

L'hépatite E domine largment dans les pays où les conditions d'hygiène sont précaires : Inde, Chine, Afrique du Nord, Afrique Noire, Mexique.etc...
La transmission est oro-fécale.
La transmission mère-enfant peu documentée
La transmission transfusionelle exceptionnelle.
L'incubation est de 4 à 8 semaines
En France 2/3 des cas sont importés. Le 1/3 restant n'est pas élucidé.

SEMIOLOGIE
15 à 90 % (?) sont asymptomatiques.
Tableau d'hépatite aiguë proche d'une hépatite A
La guérison est spontannée et il n'existe pas de passage à la chronicité.
Les formes fulminantes sont relativement fréquentes ( 0,5 à 2 % ) en particulier chez la femme enceinte

DIAGNOSTIC
Sérologie par recherche d'IgG anti HEV

PREVENTION
Hygiène et prudence en pays d'endémie



VHE : le virus est plus répandu que prévu en Europe et aux États-Unis
Emerging Infectious Diseases, le 01/04/2003

Le virus de l'hépatite E est endémique dans de nombreuses régions d'Asie, d'Afrique et du Mexique mais des chercheurs espagnols ont aussi retrouvé sa présence dans les eaux des égouts des villes de Washington aux États-Unis, de Nancy en France et de Barcelone en Espagne.

P. Clemente-Casares et coll. ont également recherché le virus dans trois élevages de porc de la région de Barcelone, cet animal étant lui aussi infecté par des souches virales très proches de celles retrouvées chez l'homme. Au total, 17 nouvelles souches du virus ont été identifiées dans les prélèvements d'égout et un élevage de porc était contaminé par une souche du virus. Les auteurs précisent aussi que la proportion d'échantillons positifs dans les eaux usées de Barcelone était de 15 % de 1994 à 2000 (4 sur 27), mais est passée à 84 % sur la période 2001-2002 (16 sur 19).

Les chercheurs concluent dans la revue Emerging Infectious Disesases que des souches du virus de l'hépatite E sont plus fréquentes que prévu dans l'environnement en Europe et aux États-Unis et pourraient être à l'origine de cas d'hépatites inexpliqués. Ils soulignent que des tests spécifiques devront être mis au point pour évaluer l'incidence des hépatites causées par le virus, déjà difficiles à diagnostiquer en raison de la brièveté d'apparition des IgG antivirales chez les personnes infectées (quelques mois).

MAJ Avril 2004

Premier cas d’hépatite E
Mansuy JM et coll. : « Immunologically silent autochthonous acute hepatitis E virus infection in France. » J Clin Microbiol 2004: 42; 912-913.

L’hépatite E, cause majeure d’hépatite virale en Asie, Afrique ou Amérique du Sud, est considérée comme exceptionnellement autochtone en Europe ou en Amérique du Nord, les cas importés expliquant des séroprévalences variant (quand même !) de 1 à 5%. Un bel optimisme, à peine tempéré par une étude espagnole publiée l’année dernière dans Emerging Infectious Diseases : selon P. Clemente-Casares et coll., près de 45% des eaux des égouts de Barcelone contiendraient du virus à certaines périodes et les cochons seraient un très gros réservoir de virus ; et les Espagnols de relever également la contamination des eaux usées d’autres villes " saines", comme Nancy ou Washington DC !

Se pourrait-il que l’importance épidémiologique de l’hépatite E, une infection auto-limitée quelquefois grevée de complications sévères et d’un taux de mortalité élevé chez les femmes enceintes, soit mal évaluée dans certains pays considérés comme indemnes ? Voilà une hypothèse qui paraît évidemment iconoclaste à l’heure où poser un diagnostic sérologique ne dépend que de la compétence du demandeur… à condition que ce soit vraiment le cas. Le doute, s’il existe, vient du case report publié ce mois par JM Mansuy et coll. Les toulousains rapportent le cas d’une femme de 41ans subfébrile et ictérique, professeur aimant jardiner et qui n’avait pas voyagé récemment, dont tant la cytolyse hépatique que les autres marqueurs biologiques et l’histoire clinique évoquaient un virus à tropisme hépatique : que faire devant un bilan comprenant hépatites A, B et C, le CMV et l’EBV qui revient négatif ? Sans doute d’abord s’arracher les cheveux (ce que ne précisent pas les auteurs), avant de mettre en doute et de demander un complément d’enquête… pour voir revenir un diagnostic moléculaire VHE (par PCR) positif !

Ne dramatisons pas le problème : selon les auteurs eux-mêmes, il ne s’agirait ici que du premier cas d’hépatite E diagnostiquable par le seul outil moléculaire. Un cas sans doute extraordinaire mais qui confortera tous ceux qui croient encore que la clinique prime sur la biologie.

Dr Jack Breuil
© Copyright 2004 http://www.jim.fr

MAJ 12/2004
L'omniprésence de l'hépatite E.
Traduit de l'anglais par le Dr André Figueredo - Source: the NEJM ( 02/12/2004 )
Lien: http://content.nejm.org/cgi/content/full/351/23/2367

L'HEV est responsable, en Asie et en Afrique, de nombreuses épidémies dues à l'eau contaminée. De Mai à Avril 2004, environ 4000 cas suspects ont été rapportés au Soudan dans la région du Darfur, où sévit une guerre civile: 15% de la population a été déplacée. Certains vivent dans des camps de réfugiés au Tchad voisin: là, plus de 1000 cas suspects ont été identifiés de Juin à Septembre 2004.
Des épidémies se sont déclarées également dans l'Irak en guerre: le traitement inadéquat des eaux usées, les difficultés du ravitaillement en eau ont permis au virus de l'hépatite E de prospérer.
Des épidémies étaient déjà survenues en 1985 et 1986 dans des camps de réfugiés éthiopiens en Somalie et au Soudan.

L'hépatite E se présente aussi sous forme sporadique: seconde cause d'hépatite aigue en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Il n'y a pas de traitement. Un vaccin recombinant est en cours d'essai au Nepal.

Le diagnostic ne peut être fait sur la clinique, il doit être confirmé pendant la phase aigue par les techniques d'amplification du génome viral trouvé dans les selles ou le sérum. Pendant la convalescence, on dispose d'un séro-diagnostic basé sur la présence d'anticorps. Il n'a pas obtenu de licence dans de nombreux pays dont les USA.

La transmission interhumaine n'est heureusement pas commune: les procédés de purification de l'eau ( ébullition, agents chimiques ) permettent une prévention efficace.

Le virus de l'hépatite E n'a été identifié que récemment, par exclusion: les test spécifiques du HAV étant négatifs, il était évident que les épidémies d'hépatites infectieuses d'origine hydrique relevaient d'un agent inconnu.
Il est impossible de distinguer cliniquement l'hépatite A et l'hépatite E. Il est certain que de nombreuses épidémies autrefois attribuées au HAV étaient probablement dues au HEV, ceci en remontant jusqu'aux croisades.
Les patients atteints par le HEV peuvent avoir les signes et symptômes de toute hépatite aigue: ictère, fièvre, anorexie, hépatomégalie, douleurs abdominales, nausées, vomissements.
---- Durée de l'incubation: de 3 à 8 semaines.
---- Durée de la maladie: l'ictère peut persister plusieurs semaines.

Pronostic: l'hépatite E ne devient pas chronique, la guérison est le plus souvent complète. Mortalité: de 0.5 à 4%. Pour des raisons inconnues, elle peut atteindre 20% chez la femme enceinte.

L'épidémiologie du HEV reste obscure. Les épidémies sont plus fréquentes dans les régions tropicales et sub-tropicales. Elles sont rares en pays tempérés. L'eau contaminée est une cause fréquente d'épidémie: le HEV, excrété dans les matières fécales, survit dans les eaux usées. Intuitivement, on s'attendrait que le HAV et le HEV aient la même épidémiologie, mais il n'en est rien.
  • En Inde, comme dans de nombreux pays en voie de développement, où les 2 virus sont endémiques, l'infection par le HAV, le plus souvent inapparente, mesurée par la séro-prévalence, est généralement acquise dans les 5 premières années de la vie. Au contraire, le HEV infecte plus communément l'adulte jeune. Il est dès lors surprenant de ne trouver d'anticorps anti-HEV que chez 30-40% des adultes.
  • En Egypte au contraire, de même environnement, la séroprévalence du HEV dépasse 60% dès l'âge de 10 ans. On ne s'explique pas cette différence.
Bien que très rarement, des épidémies à HEV se sont déclarées dans des pays industriels comme les USA, le Japon, des pays de l'Union Européenne. Cependant, la séroprévalence du HEV est beaucoup plus élevée ( 20% parmi les donneurs de sang aux USA ) que ce à quoi on se serait attendu. Par ailleurs, des anticorps semblables se retrouvent dans de nombreuses espèces animales: rongeurs, singes...etc. Dans de nombreux pays développés dont les USA, un virus proche parent du HEV a été isolé chez le porc. Au Japon, des foyers d'hépatite E ont pu être attribués à la consommation de viandes mal cuites ( foie de porc, daim ). Dans certains cas, l'hépatite E serait donc une zoonose, transmise par l'animal.

HEV pourrait donc être un agent pathogène opportuniste. Le virus se trouve partout mais la fréquence de la maladie varie selon les régions dans des proportions extrêmes. Les souches ont probablement le même potentiel épidémique dans les pays industrialisés que dans ceux en voie de développement, mais elles ont été tenues en respect par de meilleures conditions d'hygiène.
Accueil NouveautésEmail webmaster Sommaire FMC Sommaire généralPage précédente