Accueil Recherche NouveautésEmail webmaster Tous les textes - FMCSommaire généralPage précédente
ENURESIE DE L'ENFANT
Pipi au lit
MAJ 01/2005 - 2006

Voir également, l'énurésie :
---- Proposé par sphère-sante [Lire]
---- Sur santepratique.fr [Lien]


L'acquisition de la propreté s'effectue habituellement à partir de 18 mois pour la propreté diurne et entre 3 et 5 ans pour la propreté nocturne.
L'énurésie touche - en France - entre 400 000 et 700 000 enfants peut être définie par l'existence de mictions nocturnes, involontaires, récidivantes aprés l'âge de 5 ans. C'est un trouble bénin mais qui a des retombées psychologiques et familiales importantes et sous-estimées. Il est donc nécessaire de la prendre au sérieux.

Une étude néo-zélandaise (1000 enfants suivi 8 années) n'a retrouvé aucune cause psychologique. Par contre, le risque d'énurésie est d'environ 40% si il existe un parent énurétique et 60% si les deux parents étaient atteints du trouble (Pr D. Aubert - CHU de Besançon)

Il existe deux type d'énurésie nocturne. (Dr H. Lottmann, Hôpital Necker Enfants Malades - Paris)
  • L'enurésie noctune primaire isolée (ENPI) à composante héréditaire est la plus fréquente.
    Elle correspondant à une par production excessive d'urine (70 % des cas). Elle semble correspondre à une anomalie nocturne de sécrétion d'hormone antidiurétique (ADH) qui normalement augmente pendant le sommeil. Chez ces enfants un test à la desmopressine (Minirin °) induit une réponse au moins partielle (Réduction de 50% du nombre des nuits mouillées) ou complète (moins d'un accident par mois). Il n'existe pas de troubles diurnes.
  • L'énurésie par petite capacité fonctionnelle de la vessie avec ou sans hyperactivité vésicale (30 % des cas). Elle s'accompagne de troubles diurnes à type d'urgences mictionnelles et de petites fuites diurnes ("Ill attend toujours le dernier moment " !!)
    Les premiers seront sensibles aux anticholinergiques (Ditropan °), les seconds aux techniques comportementales par alarme sonore
NB-NB : Pour différencier les 2 formes d'ENPI (polyurique ou petite vessie), il suffit pendant deux nuits de mesurer le volume d'urine nocturne en pesant la couche (au coucher et au lever - 1 g = 1 ml) et ajouter la mesure du volume de la premiére miction matinale. Si le volume total obtenu est supérieur à la valeur théorique (Vth en ml = (âge + 2) x 30) , la forme polyurique doit être retenu.

A coté, des ENPI, l'énurésie peut être liée à une infection ou transitoirement à des troubles psychologiques ou familiaux ( l'arrivée d'un NNO est un classique ).
Certaines fois, l'enfant a peur de se lever et d'aller tout seul, la nuit au cabinet... Une veilleuse peut alors suffire.
Il faut toujours dédramatiser la situation et déculpabiliser l'enfant ( et les parents s'il y a lieu ).
La mise en place d'un calendrier type SOLEIL/PLUIE est toujours une bonne chose.
Quelques mesures de bons sens : Diminuer les boissons en soirée et faire uriner l'enfant au coucher des parents, généralement plus tardif

TROUBLES NOCTURNES ISOLES (Anomalie de la sécrétion docturne d'ADH)
Le sommeil est souvent trop lourd et le besoin de miction ne réveille pas l'enfant ou il rêve qu'il est aux toilettes et urine.
Traitement
---- MINIRIN ° cp (desmopressine) est le traitement de première intention à partir de 6 ans cf infra MAJ 2006
La posologie est de 1 cp au coucher. Si le résultat est insuffisant, la dose peut être augmentée par paliers de 8 jours jusqu'à 3 cp par jour.
SI la réponse esr favorable (AU moins partielle dans 70% des cas) le traitement peut être pursuivi indéfiniment avec une fenêtre thérapeutique tous es 3 mois (Dr H. Lottmann). ---- MINIRIN ° par voie nasale : < 20 kg 2 pulvérisation au coucher, 3 pulvérisations au delà.
---- ANAFRANIL 10 1 à 2 cp au coucher ou 1 cp vers 17-18 heures et 1 cp au coucher.
---- TOFRANIL 10................Idem..............
En cas d'echec total, les systèmes d'alarme méritent d'être essayés

TROUBLES DIURNES ASSOCIES
Il " attend toujours le dernier moment ".
Polyurie, urgences mictionelles indique une immaturité vésicale/urétrale dans 80 % des cas.
On éliminera des infections urinaires basses non fébriles récidivantes et/ou une uropathie malformative responsable d'un reflux.
Si des infections ont été identifiées, le bilan doit être complété par une échographie, une débimétrie ( ++ garçon ) voire UIV - Cystographie rétrograde à la recherche d'une cause chirugicalement curable.
NB : une immaturité peut entrainer un reflux même en l'abscence de malformation.
Traitement.
---- DITROPAN :
............. 5-8 ans : 1/2 cp x 3/jour ou 1 cp au coucher.
.............. 8-11 ans augmenter à 1,5 cp au coucher.
.............. Aprés 11 ans, 1 cp vers 17-18 heures et 1 cp au coucher.

S'il existe des ATCD d'infections urinaires récidivantes et/ou un reflux documenté, il est licite d'associer une désinfection urinaire au long court.

COMMUNIQUE AFSSAPS 03/2006

L'énurésie nocturne est l'émission involontaire d'urines pendant le sommeil à un âge où l'enfant n'est habituellement plus exposé à cette situation (au-delà de 5 ans). Ce symptôme fréquent concerne environ 6 à 10 % des enfants de 7 ans. L'énurésie nocturne s'améliore avec le temps et, en l'absence de tout traitement, le taux de guérison annuelle est de 15 % chez les enfants âgés de 5 à 10 ans. La prise en charge de ce symptôme repose avant tout sur des mesures éducatives et hygiéniques. En cas d'échec, un traitement médicamenteux, tel que Minirin®, peut être envisagé.

Minirin® existe sous les formes nasale et comprimé qui ont obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en 1980 et 1988 dans les indications : traitement de l'énurésie nocturne isolée ainsi que dans le traitement et/ou le diagnostic du déficit en hormone antidiurétique. Le mode d'action repose sur la rétention temporaire d'eau dans l'organisme qui limite ainsi la formation d'urine.

L'Afssaps a été informée d'effets indésirables parfois graves, liés le plus souvent à un surdosage du Minirin® et survenus dans plus de 90 % des cas chez des enfants traités avec la forme nasale.
Ces effets indésirables (vomissements, maux de tête, voire convulsions) sont liés à une rétention excessive d'eau pouvant s'expliquer par le maniement difficile des formes nasales.


Par conséquent, l'Afssaps a décidé de retirer l'indication " énurésie nocturne isolée " des solutions nasales de Minirin® (Minirin® spray 10 µg/dose, solution pour administration endonasale en flacon pulvérisateur, et Minirin® 0,1 mg/ml, solution pour administration endonasale). Les formes comprimé de Minirin ® conservent l'indication.
Le laboratoire, en accord avec l'Afssaps, a adressé un courrier aux professionnels de santé pour les informer de cette suppression d'indication et leur préciser les modalités de prise en charge des enfants traités.

Afin de compléter cette information, l'Afssaps diffusera prochainement aux prescripteurs concernés une mise au point sur " le bon usage de la desmopressine dans l'énurésie nocturne isolée chez l'enfant ". Cette mise au point rappelle que l'énurésie est un symptôme et non une maladie. Sa prise en charge initiale repose sur des mesures éducatives et hygiéniques. En cas d'échec, un traitement médicamenteux ou comportemental (système d'alarme) peut être entrepris, mais pas avant l'âge de 6 ans. La mise au point précise également les modalités de mise en place, de surveillance et d'arrêt du traitement. L'Afssaps a également élaboré un document Questions/Réponses "Bon usage du Minirin ®" destiné aux patients et à leur famille.

L'Afssaps rappelle que tout effet indésirable grave et/ou inattendu doit obligatoirement être immédiatement déclaré par les professionnels de santé aux centres régionaux de pharmacovigilance.

Contact presse: Aude Chaboissier : 01 55 87 30 33 Magali Rodde : 01 55 87 30 22 presse@afssaps.sante.fr
Accueil NouveautésEmail webmaster Sommaire FMC Sommaire généralPage précédente