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DEPRESSIONS & PSYCHIATRES

Pour les analystes, la dépression correspond à une régression du Moi, due à l'existence de conflits infantiles inconscient non résolus. Cette régression libidinale trouverait sa cause dans une blessure narcissique infantile grave , dont l'accés dépressif représenterait une réctivation déclanchée par une perte d'objet réelle ou symbolique.

Freud décrit la dépression comme une " psychonévrose narcissique " marquée par un conflit entre le Moi et le Sur Moi . L'échec du Moi à satisfaire les exigences irréalistes de l'Idéal du Moi expliquerait la diminution de l'estime se soi, symptôme majeur des dépressions ....
Pour mémoire, Freud définissait la normalité comme pouvoir " aimer et travailler ".

Parle à mon c... , ma tête est malade

Amis psychiatres, vous avez la parole : comme les grands : Droit de Réponse !!
Voir également :Dépression: Je suis Con
Voir également : Dépression : une maladie différente
Voir ci-dessous Les 12 commandements d'une prise en charge
Voir également Mini Diagnostic (MINI : Mini International Neuropyschiatric Interview )
Voir également Dépression - le choix du trt
Voir également Ras le Bol
Voir également ISRS : Les inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonie.
Voir également Syndrome de désadaptation


NB NB NB NB
Les troubles bipolaires représentent une partie des syndromes dépressifs.
Dans sa forme atypique le diagnostic demeure difficile mais doit être de principe évoqué en particulier en l'absence d'éléments déclenchants (réactionnels).
Toutes les addictions doivent également soulever la question.
Plus d'informations : Les troubles bipolaires

REPONSES bien trop rares....

Voir : Mise au Point et Controverse (Dr Philippe Cialdella - Psychiatre )

Cher confrère,
Quel bonheur de lire l'expression du bon sens et surtout de la vraie médecine qui se veut thérapeutique. Je partage absolument tout ce que vous dites et j'ai déjà élevé de la sorte la voix à moultes reprises notamment dans un Editorial de l'Encéphale intitulé : Plaidoyer pour les benzodiazépines.
Je fais en effet partie de ces médecins qui pensent que l'insomnie, l'anxiété ou la dépression sont plus toxiques que les hypnotiques, les anxiolytiques ou les antidépresseurs. Et qu'il est particulièrement irresponsable de mettre à l'index les médicaments psychotropes et leurs prescripteurs et de contribuer à freiner l'accès aux soins de tant d'individus en souffrance psychique (certes moins noble que la physique), savonnant d'autant la pente qui les fait glisser vers le handicap voire le suicide.
Merci de cette oeuvre bienfaisante et continuez
Professeur Saida DOUKI
Président de la Société Tunisienne de Psychiatrie

Dr Victor. S. Psychiatre :
Alors la, vraiment j'aime cela, c'est de la psy roborative et tonique !
Si Frank Farelly etait la, il dirait: vas y p'tit gars, tape dans le sac, tu vas nécessairement faire sortir quelque chose !
Mais connaissez vous Farelly et la thérapie provocatrice ? (Esculape: Hélas, non !)
Celle que je préfère, celle qui fait rire le déprimé et le suicidant, celle qui rend plus humain face au désespoir enkysté.

LES 12 COMMANDEMENTS Dr Victor S. Lille

La prise en charge d'un patient déprimé répond à des objectifs et à des règles précises qui en font une vraie démarche psychothérapeutique médicalisée. Cette démarche repose sur un certain nombre de principes que deux psychiatres, L. Waintraub et F. Rouillon, ont regroupé au sein d'une charte de la relation au déprimé dont voici le résumé.

  • 1. Adopter vis-à-vis du malade une attitude empathique et chaleureuse (ni neutralité ni implication émotionnelle excessives).
  • 2. Rassurer le patient sur le caractère pathologique mais curable de son trouble lorsque le diagnostic de dépression a été porté.
  • 3. Etablir une véritable relation thérapeutique, définir clairement les rôles du patient comme du thérapeute, sans perdre le caractère interactif du dialogue.
  • 4. Déculpabiliser rapidement le patient en s'appuyant notamment sur des explications médicales concernant la dépression.
  • 5. Considérer les plaintes du patient comme des symptômes pathologiques témoins du trouble dépressif et non d'emblée comme des signes à interpréter dans une optique psychodynamique.
  • 6. Expliquer au patient sa maladie et l'expression qu'elle peut avoir, son évolution et les principes, les avantages et les contraintes possibles de son traitement.
  • 7. Réfuter de manière convaincue les " rationalisations " morbides liées à la maladie : inéluctabilité de la solitude, du vieillissement, etc.
  • 8. Evaluer la gravité de la dépression et le risque suicidaire. Savoir envisager l'utilité et/ou l'urgence d'une hospitalisation.
  • 9. Impliquer l'entourage dans le déroulement des soins en l'informant. Savoir faire la part, pour expliquer des conflits, entre ce qui est secondaire à la dépression et ce qui lui est antérieur.
  • 10. Savoir laisser le patient s'exprimer " largement " dans un objectif de compréhension du sujet et de son histoire et dans un but de soulagement immédiat de sa souffrance psychique.
  • 11. Apprécier l'évolution ultérieure par des consultations hebdomadaires puis mensuelles et aider, voire inciter, progressivement le patient à reprendre ses activités dès que possible.
  • 12. Informer le sujet sur le fait que le traitement médicamenteux est la base indispensable de la thérapeutique dans un premier temps, mais savoir juger de l'opportunité, dans un second temps, d'entreprendre un traitement psychothérapeutique.
Dr C. M.
D'après " la Charte du patient déprimé ", élaborée par Lionel Waintraub et Frédéric Rouillon. " Les troubles dépressifs ". Editions John Libbey EUROTEXT, 1997

DEPRESSION
Mise au point et Contreverse

Dr Philippe Cialdella - Psychiatre

Chers confrères

Je suis internaute, psychiatre libéral (mais ancien universitaire et ancien praticien hospitalier), installé à Lyon et je viens de lire les pages consacrées à la dépression (Dépression : je suis con -- Ras le bol -- Dépression : les MG ont raison ? -- Dépressions et psychiatres -- Dépression : une maladie différente).

Je suis assez perplexe devant ces écrits qui me semblent procéder par simplifications abusives :
  • La première simplification concerne la différence entre MG et psychiatres. On fait un amalgame entre psychiatrie et psychanalyse et les psychiatres sont perçus comme des non-médecins qui se réfèrent à une théorie abstraite.
    Inversement, les MG seraient des médecins pragmatiques.

    Or, la vérité est toute autre : les psychiatres sont des médecins et ne sont pas tous psychanalystes (la proportion de vraies analystes est d'ailleurs en baisse dans la profession). Les psychiatres ne sont donc pas limités à la psychothérapie et ont une connaissance approfondie de la clinique et de la psychopharmacologie, acquise durant les 4 années d'internat. Inversement, les MG ne sont pas tous des médecins pragmatiques et réalistes : de nombreux MG errent maintenant sur les rives dangereusement idéologiques des médecines dites douces (homéopathie, acupuncture, sophrologie, ostéopathie).

  • La seconde simplification concerne la différence entre dépression et non-dépression. Il faut rappeler que la dépression était il n'y a pas si longtemps, assimilée à l'épisode mélancolique décrit par les psychiatres européens. Cette définition était trop restrictive et on a élargi le cadre de la dépression clinique pour adopter vers les années 80 la définition américaine de l'épisode dépressif majeur.
    Depuis les années 90, on tend à baisser encore le seuil clinique et on parle de plus en plus de dépressions sub-syndromiques.
    La distinction entre dépressions "cliniques" - la dépression - et tristesse de l'humeur - la déprime du langage populaire - tend à s'effacer de plus en plus, au profit d'une représentation dimensionnelle de l'humeur dépressive.
    L'établissement de seuils de gravité en fonction du nombre et de la gravité des symptômes est pour l'instant totalement arbitraire.
    La MG qui travaille en première ligne voit plutôt des dépressions légères et le psychiatre, en seconde ligne voit plutôt des dépressions sévères ou "comorbides" à d'autres troubles (notamment les troubles de la personnalité). De ce fait, nous sommes parfois amenés à requalifier de non-dépressifs des cas perçus comme dépressifs par le MG - et auxquels ce dernier a prescrit des antidépresseurs.

    En fait, le MG et le psychiatre ont tous deux raison, mais ce qui diffère c'est la grille d'appréciation. Nous voyons encore trop de patients qui reçoivent pour des durées supérieures à trois mois des antidépresseurs pour des symptômes dépressifs de brève durée et d'intensité légère (en résumé : pleurer dans le cabinet du MG en disant qu'on en a marre.. ). Ce qui ne veut pas dire que ces patients ne sont pas des malades, ou qu'ils ne vont pas développer plus tard un trouble dépressif plus sévère.

  • La troisième simplification concerne les décisions thérapeutiques : toute dépression mériterait un traitement médicamenteux.
    C'est faux si on adopte le point de vue dimensionnel que j'ai décrit ci-dessus. Les dépressions qui méritent un traitement antidépresseur sont celles qui correspondent aux critères d'épisode dépressif majeur (c'est à dire celles qui durent au moins une quinzaine de jours et qui comportent un nombre minimum de symptômes dépressifs).
    Cependant, même ces formes bien définies n'ont pas forcément besoin de traitement antidépresseur. Dans les essais cliniques d'antidépresseur on relève des taux de répondeurs sous placebo à 6 semaines proches de 50%. Le gain en terme de répondeurs avec les antidépresseurs ne dépasse pas 15%. Les formes subcliniques (durée inférieure à 15 jours, et/ou nombre inférieur de symptômes) ne font pas l'objet d'un consensus thérapeutique et leur traitement doit être apprécié avec réalisme et prudence.
    Si les patients s'améliorent sous placebo, cela signifie que l'approche thérapeutique non spécifique est utile. La question de la psychothérapie est importante mais mériterait à elle seule quelques pages. Qu'il me soit juste permis de mettre en doute le fait que parler constitue la psychothérapie, ce qui mettrait la psychothérapie à la portée de tous. Cette démarche relève du déni de la complexité psychique.

  • La dernière simplification concerne les causes de la dépression : les facteurs de risque de nature sociale ne sont pas forcément des causes de la maladie dépressive. On sait que les facteurs de personnalité jouent un rôle fondamental. Il est donc inexact de prétendre assimiler la dépression à un syndrome de désadaptation, de déstabilisation, ou de ras le bol.
    Cette assimilation est correcte pour les réactions dépressives brèves, mais pas pour l'épisode dépressif majeur. Et il ne faut pas oublier les facteurs de risque génétiques, prépondérants dans les troubles bipolaires (pas si rares qu'on veut bien le croire, et souvent méconnus) mais qui semblent compter aussi pour les formes unipolaires de la maladie.

    J'espère que mon courrier sera publié dans votre forum et que ces quelques lignes ne vous sembleront pas trop assommantes et permettront de poursuivre le débat.

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