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LES SUITES D'UNE CONISATION

Docteur Albert Ohayon - Gynécologue-Obstétricien "de ville".

Une de vos patientes a subi une conisation ou une résection partielle du col. Il est probable, vous le savez, que vous aurez à la conseiller dans les suites de cette intervention. La partie lésée aura été retirée
  • Au bistouri froid, et l'hémostase sera faite par des points en X ou par cautérisation. Le célèbre point de Stumdorf n'est utilisé que pour l'amputation supravaginale. Il consiste à faire recouvrir par la muqueuse vaginale la partie restante du col. Le résultat est assez joli et donne des cols très courts.
  • Au bistouri électrique dit à haute fréquence. Les points intéressants : Le geste est très rapide. On dispose d'anses convexes. On choisit une intensité de coupe de l'ordre de 120 watts couplée à un certain degré de cautérisation. On n'applique le fil sur le col qu'après avoir appuyé sur la pédale, on le coupera direct sans le blanchir avec la chaleur du démarrage. On n'oublie pas de brancher une aspiration, la fumée occulterait le col. On procéde en un temps, lentement, ce qui permet la cautérisation dans le même temps. On retire une sorte de disque ovale, une lentille. On fait une petite recoupe sur l'endocol. Ce genre de bistouri brûle très peu la tranche du tissu de part et d'autre, l'analyse ana-path en est facilitée.
  • En la vaporisant au laser. Voilà comment ça se fait. On a repéré auparavant les limites externes sur l'exocol et internes, dans l'endocol. Pour la profondeur, on a fait une encoche sur un écouvillon par exemple. On utilise des puissances de l'ordre de 20 watts, en continu. On branche l'aspiration, si possible sur un spéculum noir mat, spécial laser, pourvu d'un petit tuyau qui chemine sur la valve supérieure, en dedans, jusqu'au fond. On marque au faisceau laser, par un cercle, le pourtour externe de la vaporisation, en creusant un petit sillon. On vaporise ensuite cette zone, sans précaution particulière au niveau de l'orifice du col. On creuse jusqu'à la limite qu'on s'était fixée. On se sert de l'encoche pour juger. On peut dilater un peu l'endocol, appliquer une solution d'acide acétique pour vérifier que la muqueuse est saine.

Par la suite, si vous êtes amené à la prendre en charge.
Vous devez, si ça n'a pas été fait, indiquer à votre patiente que des précautions s'imposent à présent pour éviter des désagréments qui sont toujours possibles dans les suites d'une intervention chirurgicale.
---- La partie retirée se situait au fond du vagin, au niveau de cette petite boule qu'elle pouvait sentir en introduisant les doigts au fond du vagin et en poussant un peu. Elle ne doit pas le faire dans les suites de l'intervention, elle déclencherait des saignements.
---- Des glaires, abondantes et mêlées de sang vont s'écouler du vagin pendant quelques semaines.
Ces pertes ne doivent pas sentir mauvais.
---- Elle doit prendre sa température corporelle tous les jours durant quatre jours suivant la geste et consulter rapidement si celle-ci dépasse 38 degrés.
---- Quelques douleurs persistent habituellement trois à quatre jours, et s'estompent au-delà. Si ça n'est pas le cas, c'est que le geste a été plus important, confinant à l'évidement tronculaire. En l'absence de fièvre, des antalgiques simples suffisent.
----- La thérapeutique éventuellement prescrite doit être scrupuleusement respectée.

Huit à dix jours après l'intervention, il est probable qu'elle va saigner plus fort. Cela doit rester limité, un peu comme des règles abondantes, en un peu plus rouge. Cela correspond à la chute de l'escarre.
Parfois,c'est rare, elle peut saigner très abondamment et nécessiter une cautérisation. Les saignements "modérés " peuvent être abordés au négatol, tamponnement ou ovule un jour sur trois.

Dans les semaines qui suivent :
---- Les bains en mer, en piscine ou en baignoire doivent être évités, de même que les douches vaginales, et ce durant un mois.
---- Elle n'utilisera pas de tampons pour ce cycle, ni le prochain.
---- Les rapports sexuels ne seront autorisés qu'au-delà de quinze à vingt jours après l'intervention, et protégés par un préservatif jusqu'au feu vert du médecin. Cela vise essentiellement les patientes pour lesquelles l'indication reposait sur la présence de condylomes.
Rappeler à celles ci que leur partenaire doit subir une péniscopie. Sinon, le geste n'aura servi à rien et la récidive ne se fera pas attendre.

Une visite s'impose quinze à vingt jours après, qui vérifiera la bonne évolution de la cicatrisation et retour amorcé à l'état normal des organes génitaux.

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L'AUTEUR

Je suis Albert OHAYON, gynécologue-obstétricien "de ville".
Cette dénomination, auto-proclamée, résume bien mes conditions d'exercice, tant matérielles qu'intellectuelles.
J'assume ce qu'elle a de restrictif : je ne pratique pas la recherche médicale, la grande chirurgie ou l'audace thérapeutique. Je revendique ce qui m'a séduit en elle : un médecin qui soigne, gère et dépiste.
J'exerce à Montpellier en France. Je suis marié, un enfant. Le second est attendu pour l'automne.

Je vous propose le concept suivant : des fiches qui traiteront d'un sujet de pratique quotidienne de gynécologie-obstétrique.
Le but étant, qu'après les avoir parcourues, vous puissiez appréhender le problème sous sa forme basique. Je vous épargne les détails, les nuances, les éventualités et les diagnostiques rares, dont d'ailleurs je ne me souviens plus.
Vous l'avez compris, je les veux Pratiques, Simples, Sans Prétention.

Une devise me suit et je tâche de ne jamais l'oublier : " Etre humain ou ne pas être, serait-ce la question ? "
Le site de l'auteur :
Femiweb Site tout public à voir (Dr Ohayon)

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