Intolérance au glucose Les antidiabétiques oraux préviennent-ils le diabète ?
36e congrès annuel de l'European Association for the Study of Diabetes

Le congrès mondial du diabète 2000 de Mexico avait mis un accent particulier sur le syndrome métabolique : hérédité, obésité et Insulinorésistance/intolérance au glucose. Il est maintenant confirmé que l'atteinte des organes cibles s'installe sournoisement et débute en général bien avant que le diagnostic de diabète ne soit posé ([lire]. Les études confirment également que la majorité des patients présentant ce profil métabolique développera un diabète à un moment ou à un autre de leur vie.
Actuellement seuls les corrections de mode de vie sont proposés sans guère de résulat. Les auteurs des 2 etudes ci-dessous ont cherché la réponse à la question : Les antidiabétiques oraux sont-ils indiqués dans cette période de prédiabète et peuvent-ils-prévenir ou retarder la survenue d'un DNID patent ? et corollaire, protéger les organes cibles.

Fasting Hyperglycemia Study (F.H.S.)
le Dr Olive Herlihy, Université d'Oxford a présenté cette étude faite sur 190 patients.Les glycémies à jeun étaient comprise entre 5,5 et 7,7 mmol/l et les glycémies à deux heures dans le test d'hyperglycémie provoquée par voie orale était de 9 mmol/l. Il s'agissait donc de patients à risque ne présentant pas encore de diabète manifeste ( Voir Diagnostic du DNID.

Le traitement consistait en l'administration du sulfamide hypoglycémiant gliclazide (à une dose pouvant atteindre 320mg/jour). A la fin des six ans d'étude, le bilan était plutôt décevant : même si une légère amélioration a été relevée dans le groupe traité par gliclazide par rapport au groupe placebo, une réelle action préventive de l'antidiabétique n'a pas pu être démontrée.
Esculape : Le choix d'un sulfamide parait étrange dans un syndrome ou l'insulinorésistance entraine un hyperinulinisme qui arait être le facteur pathogène essentiel.

Early Diabetes Intervention Trial (EDIT) Dans cette étude (Dr Heather Citroen - 'Oxford), ce sont la metformine (500 mg deux fois par jour) et l'acarbose (50 mg trois fois par jour) qui ont été utilisés
Elle se fait sur quatre groupes :
  • metformine plus acarbose,
  • metformine plus placebo,
  • acarbose plus placebo et
  • double placebo.
    522 patients ont été traités pendant trois ans et doivent être suivis pendant trois autres années et les résultats inermédaires sont en faveur du traitement. Les patients sous acarbose présentent de plus faibles valeurs après deux heures d'hyperglycémie provoquée par voie orale, une plus faible triglycéridémie et une meilleure sensibilité à l'insuline que les groupes recevant un placebo. Chez les participants sous metformine, on relève une glycémie à jeun plus basse et une meilleure sensibilité à l'insuline. Ces améliorations ne sont toutefois pas encore significatives.

    En conclusion, pour le moment les résultats n'ont pas apportés des réponses satisfaisantes mais d'autres études portant sur un plus grand nombre de patients sont en cours, notamment l'étude STOP NIDDM (Study to Prevent Non-Insulin dependent Diabetes Mellitus) incluant plus de 1400 patients recevant 100 mg d'acarbose trois fois par jour ou un placebo, ou encore l'étude DPP (Diabetes Prevention Program) qui évalue l'effet préventif de la metformine, du régime et de la pratique d'un sport auprès de 3000 patients.

    L'atteinte des organes cibles et l'hyperinsulinémie ont un point commun : elles commencent toutes deux longtemps avant que le diabète n'ait été diagnostiqué : l'avenir parait être dans la prise en charge dans cette phase encore ignorée et négligée qu'on appelait autrefois le Syndrome X.

    A revoir :
  • Le syndrome X
  • DNID : Vraiment 10 ans trop tard
  • DNID - Au commencement était le syndrome métabolique
  • 2 paramètres simples à mesurer , le taux de triglycérides et le tour de taille.
  • L'insulinorésistance est un facteur de risque d'athérosclérose
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