DEPISTAGE DU DIABETE NON INSULINO DEPENDANT
DNID TYPE 2

Source - Texte intégral : ANAES - Mai 2003

Le diabète de type 2 est un problème majeur de santé publique qui fait l’objet, depuis novembre 2001, d’un programme national d’actions de prise en charge et de prévention comportant 5 axes majeurs, parmi lesquels figure le problème du dépistage. C’est dans ce contexte que la Direction générale de la santé et la société savante l’ALFEDIAM ont chargé l’ANAES d’évaluer les « principes de dépistage du diabète de type 2 en France ».

En France, le coût direct du diabète de types 1 et 2, à la charge de l’assurance maladie, était de 2,3 milliards d’euros pour les soins ambulatoires. Les données disponibles permettent d’évaluer de façon conservatrice à 1 % (soit environ 600 000 cas) la prévalence du diabète méconnu en France métropolitaine. De plus, pour les cas diagnostiqués, il existe un retard au diagnostic comme le montrent les 30 % au total de cas symptomatiques (25 %) ou porteurs de complications (5 %), observés auprès des nouveaux cas diagnostiqués et comme le montre aussi l’âge moyen au diagnostic plutôt tardif, estimé à 57 ans.

Il existe une phase d’évolution asymptomatique ou peu évocatrice de la maladie, au cours de laquelle peuvent se développer les complications, permettant d’envisager un dépistage. Cette période a été estimée entre 9 et 12 ans, elle est en partie responsable du retard constaté au diagnostic.
Voir également : DNID : 10 ans trop tard ?
Voir également : DNID : Au commencement était le syndrome métabolique

Il existe des facteurs associés au développement du diabète offrant la possibilité de sélectionner la population dans le cas où un dépistage de masse n’est pas recommandé. Les traitements sont efficaces et il existe un intérêt clinique associé à la prise en charge précoce de la maladie

Le test recommandé pour le dépistage est le test de la glycémie sur sang veineux à jeun effectué au laboratoire.[Lire]
Ce test est particulièrement adapté au dépistage opportuniste (c’est-à-dire à l’occasion par exemple d’une consultation médicale effectuée dans un autre but que la recherche d’un diabète) et offre la possibilité d’être associé à un bilan lipidique.

Le test de la glycémie capillaire peut être utile dans le cas d’un dépistage communautaire (c’est-à-dire par exemple à l’occasion d’un contact administratif, d’une manifestation publique ou privée, d’un contact direct par courrier) ou en médecine du travail, mais les données disponibles sont encore insuffisantes.

La réalisation d’une hyperglycémie provoquée par voie orale (charge en glucose) n’est plus recommandée ni nécessaire.

CONCLUSION

L’analyse des données de la littérature permet de conclure sur l’intérêt clinique d’un dépistage ciblé du diabète de type 2 en France métropolitaine. Le peu de données françaises ne permettant pas de définir précisément les modalités du programme de dépistage à mettre en place, les recommandations auxquelles a abouti ce travail reposent principalement sur les avis d’experts, membres des groupes de travail et de lecture.

L'ANAES formule les deux axes d'un dépistage ciblé du diabète de type 2

· Un dépistage opportuniste
Il sera ciblé sur des patients de plus de 45 ans ayant (en plus de l’âge) au moins un des marqueurs de risque de diabète suivants :
  • - origine non caucasienne et/ou migrant ;
  • - marqueurs du syndrome métabolique :
  • · excès pondéral mesuré à partir de l’IMC, défini comme > 28 kg/m²,
  • · hypertension artérielle (pression artérielle systolique > 140 mmHg et/ou pression artérielle diastolique > 90 mmHg et/ou hypertension artérielle traitée) ;
  • - HDL-cholestérol < 0,35 g/L (0,9 mmol/L) et/ou triglycérides > 2 g/L (2,3 mmol/L) et/ou dyslipidémie traitée ;
  • - antécédents :
    • · diabète familial (du premier degré),
    • · diabète gestationnel ou enfants de poids de naissance de plus de 4 kg,
    • · diabète temporairement induit (consensus d’experts).
Le dépistage doit être réalisé par un test de glycémie veineuse à jeun, effectué au laboratoire. En cas de positivité, ce test se substitue au premier test du diagnostic. Un nouveau contact avec le médecin doit être réalisé et conduire à la prescription d’un deuxième test destiné à confirmer le diagnostic.
Voir DNID - DIABETE DE TYPE 2 Les nouveaux critères de diagnostic
En cas de résultat négatif, le test devra être répété tous les 3 ans (ou tous les ans pour les sujets hyperglycémiques modérés à jeun).
Un suivi plus rapproché (entre 1 et 3 ans) doit être effectué chez les sujets ayant plusieurs marqueurs de risque.

En dépit des pratiques de prescriptions de glycémies très fréquentes en France dans les tranches d’âge concernées et dans la population ayant recours aux soins, l’intérêt pour le dépistage opportuniste a été maintenu en insistant sur la nécessité d’améliorer et renforcer le suivi et la prise en charge des glycémies positives. L’absence de confirmation du diagnostic est en effet identifiée comme une cause possible de diabète méconnu.

· Un dépistage communautaire associé
Il sera ciblé sur les sujets de plus de 45 ans en situation de précarité (avec ou sans autre marqueur de risque associé).

Suivant les modalités de contact définies, le test pratiqué pour le dépistage sera un test de glycémie veineuse à jeun au laboratoire ou une mesure de la glycémie par prélèvement capillaire.

Dans ce cas de dépistage par prélèvement capillaire, l’utilisation des lecteurs de glycémie devra suivre impérativement les règles établies par l’AFFSAPS pour éviter le risque de transmission de maladies infectieuses.
En l’absence de données, les valeurs seuils de 1,20 g/L (6,7 mmol/L) si le prélèvement a été fait plus de 2 heures après le dernier repas et 1,50 g/L (8,4 mmol/L) s’il a été fait moins de 2 heures après ont été proposées de manière arbitraire et devront être révisées en fonction des nouvelles données.

En cas de positivité, un contact avec un médecin doit être réalisé, pour permettre de confirmer le diagnostic, par un test de glycémie veineuse à jeun au laboratoire lorsque le test de dépistage aura été réalisé à partir d’un prélèvement veineux à jeun, et par deux tests de glycémie veineuse à jeun au laboratoire, lorsque le test de dépistage aura été réalisé à partir d’un prélèvement capillaire.

En cas de résultat négatif, le test devra être répété tous les 3 ans (ou tous les ans pour les sujets hyperglycémiques modérés à jeun). Un suivi plus rapproché (entre 1 et 3 ans) chez les sujets ayant plusieurs marqueurs de risque peut être envisagé.

· Un dépistage simultané du diabète et des facteurs de risque cardio-vasculaire devrait être recommandé.

· Compte tenu des incertitudes d’ordre économique et clinique existant autour de ces recommandations, il paraît souhaitable que la mise en place de celles-ci soit encadrée par un certain nombre d’études visant à vérifier en particulier la prévalence du diabète méconnu, la faisabilité des programmes de dépistage recommandés, et leur évaluation à court terme, incluant l’évaluation du suivi du dépistage.

Source - Texte intégral : ANAES - Mai 2003

RAPPEL
Définition de l'OMS du syndrome métabolique
Résistance à l'insuline (basée sur une mesure de la glycémie à jeun et une glycémie postprandiale) avec
---- obésité abdominale définie par un rapport taille/hanche T/H > 0,85 F > 0,90 H et/ou un BMI > 30
---- une HTA > 140/90 - des HDL < 1,0 F < 0,9 H et/ou TG >1,7 mmol/l - microalbuminurie
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