« LE SITE INTERNET DU MEDECIN GENERALISTE
POINT DE VUE DES PATIENTS »
THESE DOCTORAT EN MEDECINE PRESENTEE ET SOUTENUE PUBLIQUEMENT LE 07 OCTOBRE 2009
UNIVERSITE PIERRE ET MARIE CURIE
(PARIS VI)
Par Romain TROALEN
Enquête auprès des patients d'Ile de France
[Texte complet]
Cette enquête m’a permis de préciser les attentes des patients, mais aussi leurs
craintes ou interrogations concernant la mise en ligne du Site internet du Médecin
Généraliste.
Les résultats obtenus, auprès de 208 patients consultant dans deux cabinets de la
région parisienne montrent qu’ils sont très nombreux à avoir facilement accès à Internet et à
l’avoir déjà utilisé pour une recherche ou une demande liée à la santé.
Le SMG offre l’occasion de développer un nouveau mode de relation médecin-patient,
complémentaire de celui existant déjà. Un type de communication potentiellement
bénéfique aux deux protagonistes.
Je suis arrivé à la conclusion selon laquelle pour satisfaire aux attentes de leur « cyberpatientèle
», les médecins généralistes se lançant dans l’aventure devront proposer
plusieurs types de services :
- Des informations d’ordre purement pratique.
Elles permettent aux internautes de
comprendre aisément l’organisation du cabinet de leur médecin : horaires de
consultation, coordonnées complètes du cabinet et tarifs des principaux actes sont
les trois éléments qui doivent être mis en évidence et très facilement accessibles au
visiteur (informations sont également en partie accessibles sur le site AMELI de
l’assurance maladie). Il ne faut pas hésiter à proposer un plan d’accès au cabinet ou
signaler un éventuel remplacement ponctuel.
Bien sûr les recommandations
ordinales en la matière doivent impérativement être respectées et le médecin devra
mettre à disposition des visiteurs du site son identité professionnelle complète ou
encore les numéros à contacter en cas d’urgence.
- Des informations-santé destinées au public.
Les démarches et formulaires
administratifs courants (accident de travail, prise en charge à 100%, arrêts de travail
etc.) intéressent beaucoup les visiteurs qui apprécient également de disposer du
calendrier vaccinal à jour ou de liens hypertextes vers des sites-santé que leur
médecin leur recommande pour s’informer.
Des dossiers concernant des pathologies,
des médicaments ou des conseils nutritionnels sont appréciés mais ils doivent se plier
aux recommandations du CNOM relatives à la diffusion de l’information scientifique
à destination du public.
- Des services permettant une meilleure interaction avec le médecin généraliste.
Si le
fait de pouvoir demander un conseil médical par voie électronique (ou communiquer
par e-mail) à son médecin généraliste est une demande très forte des personnes que
j’ai consultées, les modalités de cet échange électronique restent encore à définir
plus finement pour une efficience optimale. Etre à même de prendre un rendez-vous
directement en ligne est également une attente forte et qui peut, à ce jour, être
satisfaite aisément.
Par ailleurs, si le suivi à distance des pathologies chroniques ou
encore les demandes de renouvellement des ordonnances en ligne sont des services
qui intéressent les patients, ceux-ci devront faire l’objet d’une clarification légale et
déontologique avant de pouvoir être mis en place.
Enfin, des « alertes » e-mails
envoyées automatiquement pour rappeler un vaccin à faire ou une ordonnance à
renouveler sont également envisagées avec enthousiasme par les personnes
interrogées mais nécessitent une intégration au logiciel de gestion du cabinet.
- La possibilité de consulter à distance le dossier médical tenu par le médecin
généraliste.
C’est le service qui génère la plus grande attente, mais aussi celui qui sera
potentiellement le plus complexe à mettre en place. En raison tout d’abord des
impératifs de sécurité, mais également des problèmes éthiques, déontologiques ou
légaux posés ; problèmes qui à ce jour restent en partie non résolus, comme le
démontrent les difficultés rencontrées dans la mise en place du DMP dont le SMG
devra être complémentaire.
Mais les attentes des patients se confrontent à plusieurs difficultés.
D’abord techniques, notamment avec le problème de la sécurité informatique, même
si cette préoccupation semble de moins en moins pesante pour les patients.
Mais également, ainsi que je l’ai évoqué, des difficultés légales puisqu’à ce jour
certains des services envisagés ne sont toujours pas clairement définis ou encadrés (échange
d’e-mails, télésurveillance, téléexpertise ou encore mise à disposition de données médicales
personnelles, par exemple), même si l’Europe ou la France ont d’ores et déjà posé certaines
bases en la matière.
De même, on ne peut dire précisément à quel point et de quelle
manière la responsabilité médicale du médecin-webmestre est actuellement engagée. Par
ailleurs, le CNOM a défini en grande partie le cadre déontologique de l’utilisation du SMG
mais de nombreux points, notamment d’ordre éthique à discuter.
Enfin, cette enquête m’a permis de montrer que les patients sont en grande partie
prêts à se voir facturer ces services en ligne, ce qui représenterait pour le médecin un
complément de revenu assurant une juste rémunération pour la responsabilité et la charge
de travail supplémentaires que constitue le SMG.
Une réflexion reste cependant encore à
mener sur ce point : Qui aura la charge de cette rémunération ? Le patient, l’assurancemaladie,
les pouvoirs publics ?
[Texte complet]
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