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Le dépistage organisé du cancer du sein dans la tourmente danoise.

Rien ne va plus au royaume de Danemark !
Revue Gynéco-Obstétrique Pratique, Mai 2010

Le dépistage organisé du cancer du sein mis en place à Copenhague en 1991 n'aurait eu aucun effet sur la mortalité des femmes par cancer du sein.
C'est la conclusion d'une étude publiée par le British Medical Journal. L'équipe de chercheurs danois a comparé les variations annuelles de décès par cancer du sein à Copenhague et dans une autre région danoise offrant un dépistage organisé depuis 1993 à celles observées dans les régions sans dépistage. Et les chiffres sont troublants : les femmes concernées par le dépistage avaient bénéficié d'un baisse de la mortalité par cancer du sein de 1% par an dans les régions où le dépistage était proposé et de 2% par an dans les régions sans dépistage !

Une étude similaire menée dix ans plus tôt avait, elle, enregistrée une baisse du taux de mortalité d'environ de 25%. Pour les auteurs de cette étude, les variations observées s'expliquent plus par des changements sur les facteurs de risque et par une amélioration des traitements que par le dépistage lui-même [Lire]

. Cependant, ils lancent un pavé dans la mare en déclarant " qu'il est temps de s'interroger pour savoir si le dépistage apporte bien les bénéfices promis en termes de mortalité ".
" En effet, ces nouveaux résultats peuvent paraître alarmants, concède le Dr Jérôme Viguier, responsable du département Dépistage à l'Institut national du cancer (INCa). Mais de toute façon, il ne fallait pas s'attendre à des baisses de l'ordre de 25% parce qu'auparavant, nous passons d'une situation " sans dépistage " à une situation " avec dépistage ". Donc, le gain est forcément énorme ".

En France, le dépistage individuel a toujours été relativement important. Du coup, selon certaines estimations, la mise en charge du dépistage organisé devrait faire chuter la mortalité par cancer du sein d'environ 10%. Au Danemark, on en est loin. L'une des explications pourrait être la tranche d'âge choisie. A Copenhague, les femmes ne sont concernées qu'à partir de 55 ans alors que les françaises sont invitées à faire une mammographie dés 50 ans. L'étude danoise relance donc involontairement la récente polémique sur l'âge de démarrage du dépistage. A l'INCa, la question se pose puisque 20% des cancers du sein se révèlent avant 50 ans. Cécile Coumau.

Dépistage du cancer mammaire : l'ampleur du sur-diagnostic revue à la hausse.
BMJ 2009 ; 339 :b2587 doi : 10.1136/bmj.b2587. Une équipe danoise a évalué l'ampleur du sur-diagnostic de cancer du sein dans les programmes organisés de dépistage systématique, en réalisant une revue méthodique des taux d'incidence du cancer du sein avant et après l'introduction du dépistage mammographique.

De telles données, couvrant une période d'au moins 7 ans avant et après introduction du dépistage et concernant à la fois les populations soumises au dépistage et non incluses étaient disponibles au Royaume-Uni, au Manitoba, en Nouvelle Galle du Sud (Australie), en Suède et dans certaines régions de Norvège. La période d'introduction du dépistage a été exclue. Les auteurs de ce travail estiment le taux de sur-diagnostic à 52% (IC : 46-58%) pour l'ensemble des cancers mammaires (in situ + invasifs), alors qu'une précédente revue Cochrane l'avait chiffrée à 30%.
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