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"Publicité grand public pour les médicaments
Toujours plus…

Dr H. Raybaud - 16 janvier 2009

Communiqué envoyé par la revue Prescrire :

Le Collectif Europe et Médicament déplore que les firmes pharmaceutiques aient récemment obtenu en France un nouveau droit de faire de la publicité auprès du grand public. En effet, le décret du 19 décembre 2008 « modifiant le régime applicable à la publicité télévisée, au parrainage télévisé et au télé-achat » autorise désormais le “parrainage” (alias sponsoring) d’émissions de télévision par les firmes pharmaceutiques.
Ainsi, pas à pas, les firmes pharmaceutiques diversifient leurs moyens de communiquer auprès du grand public sur les médicaments.

Par ailleurs....

Cette volonté des firmes de communiquer auprès du grand public s’inscrit dans une stratégie marketing à long terme au niveau mondial, à l’heure où les professionnels de santé deviennent plus critiques sur les informations des firmes, et où les organismes d’évaluation pharmaco-économique des médicaments deviennent plus exigeants (5,6).

Une enquête de la Commission européenne a récemment montré que le marketing est aujourd’hui le domaine d'investissement principal des firmes pharmaceutiques (23 % de leurs dépenses), devant la recherche (17 % de leurs dépenses) (7).

Un communiqué du Collectif Europe et Médicament, en date du 15 janvier, nous avertit de ce qui se prépare en France aussi, en plus de la directive européenne sur l'information directe des patients par les firmes, forme à peine camouflée de publicité directe aux consommateurs
La députée Anne Ferreira proteste contre la directive européenne autorisant l’information des patients par les firmes et appelle les députés à voter contre
In fine, le parrainage télévisuel, "l’éducation thérapeutique" ou les “actions d’accompagnement” des firmes telles que les programmes dits “d’aide à l’observance" seront payés par la collectivité et les patients, via la Sécurité sociale et les complémentaires. Il est donc illusoire de penser que les firmes ont de l’argent disponible pour ces activités, alors que la collectivité n’en aurait pas.

L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a estimé que le marketing pharmaceutique était un moyen coûteux pour la collectivité de transmettre des informations biaisées aux médecins ; au moins trois milliards d'euros y sont consacrés annuellement

La France s’apprête-t-elle à étendre ce modèle au grand public ?

L’IGAS a également recommandé que les firmes soient tenues à l’écart des programmes d’observance (13). La Cour des comptes considère pour sa part « qu’il appartient en priorité aux pouvoirs publics de répondre au besoin, bien réel, d’accompagnement des patients et que celui-ci ne doit pas être abandonné aux firmes pharmaceutiques » (14). Seront-elles entendues ?

Le plus grand service que les firmes pharmaceutiques peuvent rendre à la société est d'investir davantage dans la recherche, pas dans le marketing et "l'éducation des patients".

Le nouveau droit de publicité des firmes pharmaceutiques, publié au Journal Officiel la veille de Noël (1), montre que la plus grande vigilance s'impose sur le sujet de l’information santé fiable et utile pour les patients et leurs familles.

Le Collectif Europe et Médicament compte sur les responsables politiques pour défendre le droit des patients à une information fiable sur les médicaments, et s'opposer aux stratégies marketing des firmes qui ciblent le public, tant en France qu’en Europe.

Le Collectif Europe et Médicament

Texte complet : http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je suis toujours étonnée quand des questions de santé sont traitées par la direction Entreprises et industrie. Mais à la lecture des propositions concernant l'information du patient, on comprend vite que le médicament y est traité à quelques nuances près comme un produit de consommation courante.

Concernant ce sujet, je soutiens qu'une information fournie par l'industrie elle-même, en dehors de l'étiquetage et des notices réglementaires, s'appelle une publicité et c'est sa répétition qui en fait un atout commercial concurrentiel.

La Commission peut bien mettre en avant certaines dispositions qui devraient encadrer ses propositions, elle peut toujours nous dire que ce sont les associations de patients qui attendent avec impatience de telles dispositions. Nous sommes un certain nombre à ne pas être dupes de l'impact de cette directive "information du patient" et du non intérêt qu'elle représente au regard d'un véritable objectif d'amélioration de la santé des Européens.

Nous pouvons, d'ores et déjà, être assurés que si ce texte était adopté, le budget marketing de l'industrie pharmaceutique connaîtrait une forte augmentation, certainement au détriment de celui de la recherche. Aujourd'hui déjà, 23 % du chiffre d'affaires sont consacrés aux activités de promotion et seulement 17 % aux activités de recherche et si nous nous tournons vers les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, qui permettent déjà cette information publicitaire, nous savons qu'elle a fait augmenter le volume des prescriptions ainsi que les dépenses de santé sans qu'on puisse observer une amélioration de la qualité des soins et de l'état de santé des Américains ou des Néo-Zélandais. Que cette expérience nous soit utile.

Enfin, je conclurai en disant qu'une solution moderne serait de faire davantage confiance ou de mieux former les professionnels de la santé pour qu'ils fournissent des informations sur les traitements et médicaments de prescription. »

Texte complet : http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr


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