Moins de décès chez les patients
qui
prennent bien leur placebo
A. Pathak
BIP31 2006, 13, (1), 1-7

Faculté de Médecine, 37 allées Jules-Guesde, 31000 Toulouse, France
Les études CHARM avaient montré que le candesartan
diminue la mortalité globale de 10% et les décès
cardiovasculaires de 13% par rapport au placebo chez
les insuffisants cardiaques. Les investigateurs ont
exploité ces données pour mesurer les effets sur la
mortalité de l’observance médicamenteuse (candesartan
ou placebo) (Lancet 2005 ; 366 :2005).
Sur les 7599 patients, seuls 187 n’ont pu être inclus par
manque d’information sur l’observance. La qualité de
l’observance a été évaluée en aveugle, lors de chaque
visite de contrôle, en comptant les comprimés restant.
Les malades ont été classés en trois catégories selon
qu’ils prenaient plus de 80% de leurs médicaments, de
20 à 80% ou moins de 20%. La première catégorie
regroupait 89% des patients contre 11% pour les deux
autres.
Chez les patients observants, quel que soit le
médicament, la mortalité globale est réduite de 35% par
rapport par rapport aux patients non observants
De
façon inattendue, la réduction de la mortalité liée à
l’observance était similaire dans le groupe candesartan
et dans le groupe placebo..
En analyse multivariée, la
mauvaise observance est demeurée un facteur de risque
de décès indépendant.
Comment s’explique la survie significativement
supérieure chez les sujets prenant régulièrement le
placebo ? - Une bonne observance pourrait aussi signifier
une bonne adhérence aux conseils d’hygiène de vie,
expliquant la meilleure survie des patients sous placebo.
- Autre hypothèse : une mauvaise observance pourrait
s’associer à un trouble cognitif dû à la maladie
cardiaque et donc à sa gravité.
Un exemple de plus
soulignant l’intérêt des études contre placebo et la
nécessité de l’accès aux données des essais cliniques de
manière libre pour favoriser ce type d’analyses
ultérieures.