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L'effet placebo
Aspects cliniques et neurologiques

Oken BS : Placebo effects: clinical aspects and neurobiology. Brain (2008), 131, 2812-2823
Par http://www.jim.fr

Voir également :
----Pharmacologie du placebo [Lire]
---- Effets indésirables du placebo : l'effet nocebo[Lire]
---- Moins de décès chez les patients qui prennent bien leur placebo [Lire]

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Beaucoup considèrent que l’amélioration spontanée ou avec une thérapeutique inefficace est la conséquence de modifications biologiques induites par la conviction d’avoir été traité.
Pourtant, peu d’entre nous seraient à même de fournir des éléments pour expliquer cet effet placebo. BS Oken publie dans la prestigieuse revue Brain, une revue générale sur ce sujet qui apporte des arguments plus précis.

La définition de l’effet ou plutôt des effets placebo n’est pas univoque.

Elle se formule souvent comme un « effet thérapeutique induit par une substance inerte ou une procédure inactive ». Mais l’effet placebo peut se référer à un état physiologique anticipant ou contribuant à une amélioration de la santé par un mécanisme d’apprentissage, de conditionnement ou autre. Dans ce contexte, il faut avant de parler d’effet placebo avoir tenu compte des phénomènes culturaux, des incertitudes diagnostiques et pronostiques, des biais méthodologiques, du « coping », d’une régression à la moyenne ou d’un effet Hawthorne . Ce dernier correspond à la situation dans laquelle les résultats d'une expérience ne sont pas dus aux facteurs expérimentaux mais au fait que les sujets ont conscience de participer à une expérience ce qui se traduit par une plus grande motivation.

Le système nerveux central est probablement le principal médiateur de l’effet placebo.

Dans sa revue, BS Oken précise notamment l’implication des systèmes opioïdes et dopaminergiques et rappelle qu’il existe une activation des structures cérébrales comme le gyrus cingulaire, le cortex préfrontal dorsolatéral et les ganglions de la base.

Les facteurs déterminant l’effet placebo sont variés

Gélule plus que comprimé ; injection plus que voie orale ; chirurgie plus que médicaments. Il existe peu d’études chirurgie versus procédure sham. Certains travaux ont cependant montré que l’arthroscopie thérapeutique était aussi efficace qu’une simple incision et qu’il existe un effet placebo dans la chirurgie du Parkinson.

L’effet placebo peut être aussi expliqué par une réduction du stress, de l’anxiété et une amélioration de l’humeur.

Ainsi, une étude a montré que les patients qui n’ont pas de suppression du cortisol après un test à la déxaméthasone ont une mauvaise réponse au placebo.

Les fonctions cognitives jouent aussi un rôle.

Il a été noté un effet placebo au cours des essais par inhibiteurs d’acétylcholinestérase dans la maladie d’Alzheimer. Une autre étude testant un anesthésique chez les patients atteints d’Alzheimer a retrouvé un effet placebo chez les patients avec un MMS (mini-mental score) moyen à 24 mais celui-ci était absent chez les patients avec un MMS moyen à 15,6.

En conclusion, l’attente des patients influencée par la culture, la personnalité de ceux-ci et les caractéristiques des thérapeutiques peuvent susciter un effet placebo via l’activation de certaines structures corticales et sous corticales.
Esculape : ce qui laisse entendre la mobilisation de neuromédiateurs et donc un véritable effet pharmacologique...

L’auteur précise que la meilleure caractérisation des réponses non spécifiques, dont l’effet placebo, est essentielle pour optimiser les essais thérapeutiques.

Dr Christian Geny
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