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Intérêt de l'ostéodensitométrie
chez les femmes ménopausées en bonne santé
Controverse

Rev Prescrire 2007 ; 27 (285) : 516-521.

L'ostéodensitométrie est utile après une première fracture suite à un traumatisme léger (cf infra).

Les données sur l'intérêt de cet examen chez les femmes ménopausées en bonne santé et sans facteur de risque particulier (*) sont trop fragiles pour justifier un repérage systématique de l'ostéoporose chez toutes les femmes ménopausées et l'exposition d'une large proportion de femmes aux effets indésirables des traitements en dehors du calcium, de la vitamine D et d'une hygiène de vie toujours souhaitable.

(*) Il s'agit notamment des antécédents familiaux, de la ménopause précoce, d'un IMC faible, et de la prise de corticoïdes.

L'ostéodensitométrie est la méthode de référence de mesure de la densité osseuse. Depuis les années 1990, le diagnostic d'ostéoporose est fixé, par convention, par un seuil de score de densité osseuse : T-score = -2,5. Ce seuil, établi à partir de données statistiques, semble adapté au diagnostic d'ostéoporose chez les femmes ménopausées, à peau blanche, en Europe et en Amérique du Nord ; mais on ne sait pas dans quelle mesure il l'est pour d'autres populations.

L'éventuel intérêt de stratégies de mesure systématique de la densité osseuse en termes de prévention des fractures n'est pas démontré.

En prévention primaire des fractures, chez les femmes ménopausées, quelques essais ont évalué des médicaments chez des femmes sélectionnées par mesure de la densité osseuse. Chez ce type de patients, l'acide alendronique et le raloxifène ont eu une efficacité préventive des fractures vertébrales asymptomatiques : environ 2 fractures vertébrales asymptomatiques évitées pour 100 patientes traitées durant 3 ans à 4 ans.
Une analyse de sous-groupe a posteriori, peu démonstrative, a été en faveur d'une efficacité préventive des fractures symptomatiques par l'acide alendronique chez des femmes ayant une ostéoporose à l'ostéodensitométrie.

Ces données sont trop fragiles pour justifier un repérage systématique de l'ostéoporose chez les femmes ménopausées, et l'exposition d'une large proportion de femmes aux effets indésirables de ces médicaments.

Chez les femmes ménopausées, une densité osseuse basse et un antécédent de fracture consécutive à un traumatisme léger définit une ostéoporose sévère. Chez ces femmes, l'acide alendronique est le médicament le mieux évalué : il évite environ 3 fractures symptomatiques vertébrales et 1 fracture du col du fémur pour 100 patientes traitées durant 3 ans. Après une première fracture, mieux vaut vérifier l'intensité du traumatisme par l'interrogatoire, et la réalité de l'ostéoporose par l'ostéodensitométrie, avant d'exposer ces patientes aux effets indésirables des diphosphonates.
©La revue Prescrire 1er juillet 2007 27 (285) : 516-521.


Ostéodensitométrie : pas systématique chez les femmes ménopausées
La Revue Prescrire Numéro 285, juillet 200

La mesure de la densité osseuse a surtout un intérêt chez les femmes ménopausées ayant déjà eu une fracture consécutive à un traumatisme léger, afin de repérer celles pour lesquelles le traitement n'est pas nécessaire.

Dans son numéro de juillet, la revue Prescrire rappelle que la mesure de la densité osseuse par ostéodensitométrie a une place limitée dans la prévention des fractures chez les femmes ménopausées.

L'ostéodensitométrie permet de diagnostiquer une ostéoporose, définie par une faible densité osseuse associée à un risque accru de fracture, mais elle ne suffit pas pour prévoir le risque de fracture consécutive à une chute par exemple. En pratique, environ 95 % des fractures survenant entre 50 et 60 ans affectent des femmes ne présentant pas d'ostéoporose vers l'âge de 50 ans.

L'âge élevé, une ménopause précoce, une consommation excessive d'alcool, le tabagisme, etc., contribuent à la survenue de fractures consécutives à un traumatisme léger. Chez les femmes ménopausées, la prévention des fractures passe d'abord par la prévention des chutes, une activité physique régulière, et, pour certaines patientes âgées, une alimentation riche en calcium et une prise de vitamine D.

Chez les femmes ayant déjà eu une première fracture consécutive à un traumatisme léger, l'absence d'ostéoporose confirmée par l'ostéodensitométrie évite de proposer des médicaments d'efficacité modérée et aux effets indésirables parfois graves. À l'inverse, la révélation d'une très faible densité osseuse à l'ostéodensitométrie peut justifier un traitement (diphosphonate ou raloxifène) chez ces femmes, après les avoir informées des avantages et inconvénients de ces médicaments.

Vers une evaluation globale du risque fracturaire
Patricia Dargent-Molina*, Claude-Laurent Benhamou, Bernard Cortet, Bruno Sutter, Thierry Thomas
Inserm unite 149, 94807 Villejuif cedex, France
Text complet sur[www.grio.org]

Le but des traitements de l'ostéoporose est de prévenir les fractures. Jusqu'à présent, la mesure de la densité minérale osseuse (DMO) était considérée comme l'élément clé pour décider de la mise en route d'un traitement, et ce dernier était généralement recommande lorsque la DMO était inférieure a 2,5 écarts-types en dessous de la moyenne des femmes jeunes, ce qui correspond au seuil de diagnostic de l'ostéoporose.

Cependant, aujourd'hui, il est de plus en plus reconnu que la decision de traiter doit s'appuyer sur l'évaluation du risque de fracture du patient, et non pas seulement sur une valeur de DMO. Plusieurs facteurs de risque sont prédictifs du risque de fracture indépendamment de la DMO et pourraient donc être utiles, en complément de la DMO, pour repérer les sujets a haut risque susceptibles de bénéficier d'une thérapie. Outre l'âge, on peut citer en particulier les antécédents personnels et familiaux de fracture, un indice de masse corporelle bas, la consommation de tabac, la prise de corticoïdes, le taux de biomarqueurs du métabolisme osseux, et les facteurs de risque de chute.
Pour l'instant, il n'y a pas encore de consensus sur la ou les meilleures stratégies d'utilisation de ces facteurs cliniques.

Un groupe de travail de l'OMS mène actuellement un travail de réflexion et d'analyse base sur la mise en commun des données de plusieurs enquêtes prospectives. Ce travail devrait aboutir prochainement a une meilleure définition des groupes a haut risque susceptibles de bénéficier dfun traitement de l'ostéoporose préventif des fractures et a des recommandations de pratique clinique pour le repérage de ces groupes.
Texte complet [www.grio.org]
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