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La vaccination contre les papillomavirus
Source

http://bulletin.conseil-national.medecin.fr/article.php3?id_article=170
(Mai 2008)

Si elle représente une véritable innovation thérapeutique pour la prévention du cancer du col de l’utérus (1), cette vaccination soulève des interrogations concernant sa stratégie et des difficultés de mise en place.

Concernant la vaccination contre le papillomavirus, le calendrier 2008 se borne à mentionner la mise à disposition d’un second vaccin (Cervarix ®), non privilégié du fait qu’il ne protège que contre les HPV 16 et 18 et ne prévient pas les condylomes et verrues génitales.

Il convient toutefois de revenir sur les originalités et enjeux de cette vaccination. Il s’agit (après l’hépatite B) du second vaccin destiné à prévenir un cancer. Par contre, la maladie infectieuse à l’origine est inapparente et le vaccin prévient un risque qui se manifestera vingt à vingt-cinq ans plus tard. La prévention du cancer du col de l’utérus repose principalement sur le dépistage des lésions précancéreuses par frottis cervicovaginaux. La vaccination n’est qu’un complément et l’arrêt du dépistage entraînerait une augmentation du nombre de cancers du col, le vaccin ne protégeant que contre 70 % d’entre eux.

Le vaccin est surtout efficace chez les femmes non infectées, or l’infection survient dans les mois suivant le début de l’activité sexuelle. Il faut donc vacciner avant.

La France a fixé l’âge de la vaccination à 14 ans, les enquêtes montrant qu’à cet âge, 3,1 % des filles déclarent avoir déjà eu des rapports sexuels. En l’absence de données sur la durée de l’immunité, cette vaccination n’est pas effectuée trop en amont du début de l’activité sexuelle, d’autant que les enquêtes ont montré que les familles étaient plus réticentes pour aborder le problème de la sexualité à 11-12 ans. Par contre, il n’existe pas de rendez-vous vaccinal à cet âge où les adolescentes ne sont guère vues par les pédiatres et pas encore par les gynécologues. Une forte mobilisation des médecins généralistes sera donc nécessaire.

Ne vacciner que les adolescentes de 14 ans n’aurait réduit significativement l’incidence du cancer que dans soixante ans. Un rattrapage a donc été proposé pour les jeunes femmes de 15 à 23 ans, au maximum dans l’année qui suit le début de l’activité sexuelle. L’appréciation de ce critère nécessite un interrogatoire intrusif. En outre, les enquêtes de vente montrent que la vaccination des adolescentes de 14 ans est marginale et que l’essentiel des prescriptions concernent des jeunes filles/femmes.

Le danger serait que la vaccination des adolescentes soit remplacée par celle des jeunes femmes déjà potentiellement infectées et chez qui le vaccin est peu efficace (2).
La vaccination massive des jeunes femmes à l’âge où se révèlent les maladies auto-immunes rappelle les problèmes de la vaccination contre l’hépatite B. Tout porte à craindre que des effets adverses de ce type seront attribués à la vaccination HPV.
Une crise de ce type doit être anticipée.

Reste enfin le problème de la vaccination des hommes qui présenterait une certaine logique épidémiologique. Il n’existe actuellement pas de données de tolérance et d’efficacité du vaccin chez l’homme. Les maladies de l’homme liées à l’HPV (cancers anorectaux) étant très rares, le bénéfice individuel direct de la vaccination des hommes apparaît très limité. Pr Daniel Floret,
président du Comité technique des vaccinations

Esculape
(1) La vaccination n'apportera la preuve de son efficacité sur la fréquence des cancers du col de l'utérus que dans 30 ou 40 ans. Pour le moment nous n'avons qu'un résultat intermédiaire sur les lésions CIN1 et CIN2
(2) Une aggravation du risque selon le "Vaccines and Related Biological Products Advisory Committee " [Lire]
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