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Dépistez, dépistez...
Il en restera toujours quelque chose ???

Dr H. Raybaud - Juillet - Août 2006 - MAJ 2008 - 2009

Mammographies, dosage du PSA, hémocult, Cholestérol, syndrome métabolique, etc.... la course aux pathologies (cancers en particulier) occultes est ouverte et les institutions comme le grand public se sont lancés dans cette logique de dépistage sans limite car en surfant sur les technologies de plus en plus performantes "plus on cherche, plus on trouve" .

Mais une question reste grande ouverte : la découverte et la prise en charge souvent lourde d'une pathologie débutante est-elle justifiée c'est à dire pour être plus précis, le traitement qui va être entrepris va-t-il prolonger la vie du patient ou pour le moins améliorer sa qualité de survie sans pour cela la lui gacher.... sa vie !!!

Prévenir, dépister, traiter précocemment ... certes mais encore faut-il s'assurer que le bénéfice soit réel aussi bien en terme de santé publique, de coût qu'en terme de survie, qualité de vie et santé individuelle..
Il ne faudrait pas que l'orientation "technologique" du tout dépistage se développe au détriment de "bonnes pratiques de prévention naturelle".
Je veux dire par là que plutot que lancer un dépistage du cancer du poumon... il est préférable de promouvoir l'arrêt du tabagisme voire de rembourser les patchs à la nicotine...

En pratique : le dépistage des cancers
Source Unaformec
Comme tout dépistage, le dépistage des cancers doit satisfaire certaines règles :
– la maladie doit représenter un important problème de santé publique ;
– l’histoire naturelle de la maladie doit être connue, en particulier le passage du stade latent au stade déclaré ;
– le traitement au stade précoce doit avoir prouvé son bénéfice en termes d’espérance de vie et de qualité de vie ;
– il doit exister un test performant, peu onéreux et acceptable par le patient.

Le dépistage doit respecter pour le patient les trois grands principes de bioéthique : liberté et consentement, utilité et non-malfaisance, justice et équité.
- Il en résulte des exigences pour le médecin : exigences de preuves de l’efficacité et de la sécurité des procédures ; recherche de qualité dans leur mise en oeuvre ; clarté de l’information du patient ; connaissance des effets négatifs.
- L’évaluation des résultats du dépistage est indispensable, et ne peut se limiter au taux de participation. Elle doit prendre en compte l’assurance qualité, le suivi des tests positifs, mais aussi l’identification et l’analyse des faux négatifs.
- L’organisation du dépistage est un facteur de qualité et d’efficacité, elle seule peut permettre l’évaluation. Elle exige une collaboration étroite entre la structure de gestion et les médecins traitants, dans un esprit de complémentarité.
Texte complet [Lire] (pdf)

"Une personne en santé est un malade qui s'ignore",
écrivait, en 1923, Jules Romains dans sa pièce de théâtre Knock ou le triomphe de la médecine. "Une personne en santé est quelqu'un qui n'a pas encore subi assez de tests de dépistage", reprend aujourd'hui Fernand Turcotte pour caricaturer une certaine attitude du monde médical face au cancer [Lire]

A lire donc.... mais pas facile !!!
    Le sein
  • Dépistage du cancer du sein : des interrogations demeurent [Lire] (BMJ 2009 - BLeugyn 200)
  • Dépistage mammographique des cancers du sein (1er octobre 2007 Rev Prescrire 2007) [Lire]
  • Dépistage du cancer du sein : la fin des illusions. Une bonne intention, une mauvaise théorie, un résultat absurde ! [Lire]
  • Dépistage du cancer du sein Société française de santé publique - Flash-Email-SFSP N°23 du 9 juin 2006 [Lire]
  • Dépistage mammographique des cancers du sein une balance bénéfices-risques peu favorable [Lire]
  • Dépistage du cancer : surdiagnostic et logiques institutionnelles [Lire]

    Col de l'utérus
  • Les lésions ASCUS [Lire]

    La prostate
  • Cancer de la prostate Toujours polémique-doute sur les bénéfices du dépistage [Lire] (03/2009)
  • Dépister ou non le cancer de la prostate ? [Lire] (18/09/2007)
  • 3e Journée nationale de la prostate (AFU 2007) [Lire]
  • Éléments d'information des hommes envisageant la réalisation d'un dépistage individuel du cancer de la prostate [Lire] (ANAES - AFU Septembre 2004 )
  • Dépistage du cancer de la prostate par les PSA : incertitude [Lire] (ANAES)
  • Performance des tests dans le dépistage du cancer de la prostate[Lire] (ANAES 2004)
  • Cancer de la prostate : un dépistage en débat [Lire]
  • Dépistage du cancer de la prostate entre controverse et dilemme...[Lire] (Médecine. Volume 2, Numéro 4, 147-8, Avril 2006, Editorial )
  • Le dépistage individuel du cancer de la prostate : 30 questions/réponses [Lire]
  • End of an Era for PSA Screening: A Newsmaker Interview With Thomas Stamey, MD [Lire]
  • Cancers de la prostate : les propositions de l'ARTAC [Lire] (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse)
  • Cancer localisé de la prostate 5 options de traitement [Lire] (Dr Maia Bovard-Gouffrant - Le Généraliste-revue N°2369 du 21/04/2006)
  • Cancer de la prostate : le traitement des tumeurs à faible risque reste encore souvent trop agressif[Lire]

    Autres
  • Syndrome métabolique : Une construction artificielle inutile aux soins [Lire] (La Révue Prescrire)
  • Si le cholestérol vous était compté... [Lire]
En guise de conclusion provisoire

Il ne faudrait pas que notre médecine moderne se croyant infaillible mutile inutilement des milliers de femmes et d'hommes sur l'autel de la prévention/dépistage pour des pathologies peu évolutives et sans réel danger.
Toutefois, les données de notre médecine changent trés vite et la découverte d'un marqueur capable de différencier par exemple un cancer de la prostate agressif d'un cancer peu évolutif changerait totalement l'intérêt du dépistage.

Restent deux points... au moins !!!
  1. Quelles seraient les conséquences médico-légales (et morales) d'un dépistage non pratiqué.... en cas de découverte tardive modifiant défavorablement le pronostic ?
  2. En cas de dépistage positif, l'abstention thérapeutique est-elle envisageable.... et comment vivre avec ce diagnostic
Question subsidiaire...
Chers confrères,
Combien d'entre-vous - hommes âgés de plus de 50 ans - font-ils un dosage annuel de PSA ???
Voire un TR ??? [Votre réponse]

Par ailleurs...
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