Accueil Recherche NouveautésEmail webmaster Tous les textes - FMCSommaire généralPage précédente
le Rapport 2003 de la Cour des comptes
CQFD... Aussi.

Dans son rapport annuel 2003 sur la Sécurité sociale, la Cour des Comptes souligne des problèmes et posent de bonnes questions...
  • La médicalisation du 3ème âge
    En effet, Il existe une grave contradiction entre la forte consommation des médicaments des plus de 65 ans (ils représentaient en 2001 16 % de la population française mais 39 % de la consommation de médicaments en ville) et l'ignorance des effets des médicaments sur les personnes âgées.
    En effet, aucun essai clinique particulier ne concerne cette population. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) « jusqu'ici, n'a pas estimé nécessaire d'exiger, avant toute autorisation de mise sur le marché d'un médicament, des essais cliniques sur les personnes âgées » alors que l'âge entraîne de profondes modifications tant de la pharmacocinétique que de la pharmacodynamie et que le risque d'effets secondaire potentiellement grave est accru pour ces patients(...).
    Ainsi, la partie de la population la plus utilisatrice de médicaments est celle pour laquelle le niveau de preuve est le plus incertain.

  • la polymédication
    Selon une étude de l'URCAM d'Aquitaine, 16 % des 65 ans et plus ont des prescriptions de plus de 7 médicaments et 27 % des prescriptions contiennent des risques d'interactions)
    Selon une étude de l'URCAM de Poitou-Charente de 1999, citée par la Cour des Comptes, « 12,5 % des personnes, âgées de 70 ans et plus hospitalisées l'étaient pour cause d'iatrogénie médicamenteuse ».
    Ce qui souligne le problème de la prise, par cette population âgée, de médicaments non indispensables (Voir les statines).

  • l'inobservance des traitements
    Plusieurs études ont montré que plus de un sujet âgé sur deux ne suit pas le traitement préconisé par son médecin. Ce qui a, certes, des conséquences médicales mais aussi des conséquences économiques majeures, puisque ce phénomène se traduit souvent par un gaspillage « qui pourrait atteindre de 40 à 50 % des médicaments prescrits ».

  • Les statines
    Le rapport dénonce la consommation importante de statines au-delà de 70 ans alors qu'aucune étude ne prouve leur efficacité au-delà de cet âge. En effet, selon les gériatres, l'hypercholestérolémie ne figure généralement pas parmi les priorités chez un sujet âgé polymédicamenté. Il est donc regretable que les patients de plus de 70 ans soient à l'origine de 31 % des dépenses remboursables de statines au cours des six premiers mois de 2002 », soit 112 millions d'euros sur un total de 363 millions d'euros.
    Voir également Statines : encore beaucoup d'inconnues !!.. (Bulletin d'information du Département de Pharmacologie du CHU de Bordeaux - septembre 2002)

  • Les vasodilatateurs
    La Cour épingle deux autres médicaments fortement prescrits et qu'elle ne juge pas indispensables, notamment un vasodilatateur à base d'extraits de plantes et qui a obtenu un SMR (service médical rendu) insuffisant lors de son examen par la Commission de la transparence. Il continue cependant à être remboursé, regrette la Cour, qui en profite pour s'insurger contre le peu d'effet de la réévaluation des médicaments intervenue en 1999-2000 ».

  • Les médicaments anti-Alzheimer
    Le rapport souligne qu'il existe « très peu d'analyses médico-économiques sur les médicaments anti-Alzheimer, par comparaison avec les analyses coût/efficacité » menées en grande Bretagne.
    Selon les laboratoires et certains gériatres, ces médicaments repousseraient de quelque mois le délai d'entrée en institution des patients et l'économie pourrait dès lors atteindre 26 280 euros par année gagnée. Pour d'autres gériatres, ces médicaments n'économisent pas de soins puisqu'ils transforment des malades aigus en malades chroniques.
    L'incertitude sur l'effet médico-économique rejoint donc l'incertitude sur les effets thérapeutiques et il est à craindre que la dépense de ces médicaments anti-Alhzeimer ne progresse fortement dans les prochaines années pour atteindre le milliard d'euros contre 110 millions aujourd'hui.
    Une progression qui serait surtout due au « développement probable de la bithérapie » (qui associe la prescription d'un anti-Alzheimer à un anticholinestérasique) et à la forte augmentation des prescriptions des généralistes.
RAPPEL (Source Prescrire Supplément du N° 234 -décembre 2002)

Quelle est la probabilité pour qu'une ordonnance soit pharmacologiquement utile.
On peut estimer que les différentes conditions sont indépendantes.
    Supposons donc
  • Que le médecin pose le bon diagnostic dans 95 % des cas
  • Qu'il choisisse le bon onbjectif thérapeutique dans 95% des cas
  • Qu'il ait raison de choisir l'pproche médicamenteuse dans 95% des cas
  • Qu'il sélectionne le bon traitement dans 95% des cas
  • Que le patient soit répondeur dans 90% des cas
  • Quil choisisse la bonne posologie dans 75% des cas
  • Que la biodisponibilité soit de 100%
  • Que le pharmacien délivre correctement dans 100% des cas
  • Que l'observance soit de 66% des cas
Dans ce cas de figure, la probabilité d'avoir prescrit une ordonnance pharmacologiquement utile est de 34%
Pierre BIRON Pharmacologue (Canada)
Accueil NouveautésEmail webmaster Sommaire FMC Sommaire généralPage précédente