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Si le cholestérol vous était compté...
Source : perdue...
Octobre 2002

Le cholestérol est probablement l'une des névroses médicales les plus répandues dans le monde des riches....trés trés peu dans les pays pauvres

L'industrie pharmaceutique n'a d'ailleurs pas lésiné sur les moyens pour graver dans l'esprit de la plupart des patients l'équation «cholestérol = danger de mort».
Le corollaire apparent de cette première équation devenant, par un tour de passe-passe «faire baisser le cholestérol = sauver la vie du patient»

En fait, les choses sont beaucoup plus complexes.
  • D'abord parce que seules certaines personnes, à risque vasculaire élevé (dont les hypertendus, les diabétiques, les fumeurs...), bénéficient réellement d'un traitement par les statines.
  • Ensuite parce que le but d'un traitement n'est pas, en soi, de faire baisser tel ou tel chiffre biologique, mais bien de diminuer la mortalité ou la morbidité des patients.
Des médicaments peuvent être prescrits sur de seuls critères biologiques. Des médicaments qui certes font baisser les chiffres du cholestérol... mais n'ont pas encore apporté la preuve d'une baisse concomitante de la mortalité !

En confondant un objectif purement biologique (vivre avec un cholestérol bas) avec un objectif à long terme (vivre plus longtemps en meilleure santé), on en vient à promouvoir massivement «la toute dernière molécule» de la famille, sur de prétendus critères de «nouveauté» ou d'«innovation», quand la prudence voudrait que dans une famille de médicaments, on privilégie les molécules plus anciennes pour lesquelles il existe un plus grand recul à la fois sur les effets indésirables et le réel bénéfice à long terme pour les patients.

On agira donc à l'exemple de la cérivastatine, prescrite en l'espace de moins de deux ans à 500 000 patients en France et retirée du marché en catastrophe, alors même qu'elle n'offrait lors de sa commercialisation pas de preuve d'une efficacité supérieure par rapport à des médicaments de même classe plus anciens. Cela devrait nous amener collectivement - médecins et patients - à relativiser le bénéfice "du dernier médicament".

Par ailleurs...

Quand un médicament annonce qu'il diminue de 30 % la survenue d'un accident cardiovasculaire, ce chiffre "relatif" ne renseigne que trés partiellement sur le bénéfice réel qui peut être attendu.
En effet, si la survenue sans traitement est rare - par exemple 3 personnes sur 1000, diminuer de 30% ne sauve qu'une personne. L'intérêt est trés faible voire négligeable.
A l'inverse si le risque est important - par exemple 300 pour 1000, le bénéfice atteint 100 personnes !!!! L'intérêt est majeur !!!

A efficacité égale, un vieux médicament vaut mieux qu'un nouveau

Selon une étude conduite par le Dr Karen Lasser de la Faculté de médecine de Harvard (Massachusetts), les médicaments récemment approuvés à la vente aux Etats-Unis sont plus risqués que les anciens, dont les effets indésirables sont mieux connus.
. La moitié des retraits s’est produit dans les deux ans suivant le lancement d’un produit.
« Les médecins devraient éviter d'utiliser de nouveaux médicaments quand de plus anciens, d'efficacité équivalente, sont disponibles », écrit le Dr Karen Lasser. « Des compagnies pharmaceutiques font souvent une forte promotion auprès des médecins pour de nouveaux médicaments avant que l'ensemble des effets indésirables soient connus

Lasser et coll. estiment que « les patients devant prendre un nouveau médicament devraient être informés de l'expérience limitée disponible sur ce médicament, et devraient être suivis pour de possibles effets indésirables».
Lasser KE and al : Timing of new black box warnings and withdrawals for prescription medications.
JAMA. 2002 May 1;287(17):2215-20. [Lire]
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