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Comment lutter contre les déserts médicaux ?

D.Dupagne nous donne son analyse... sur


Par aimable autorisation


Le Conseil de l’Ordre des médecins a mis les pieds dans le plat en recommandant d’obliger les jeunes médecins à travailler 5 ans dans leur région d’origine, répartis sous le contrôle des agences régionales de santé. [Lire]

Cette recommandation est à la fois brutale, injuste, stupide et probablement inefficace. Reprise dans la presse, elle a suscité les commentaires poujadistes habituels : "C’est nous qu’on paye, yaka les forcer à s’installer là où on a besoin, comme les profs et les postiers"

Ces commentaires méconnaissent profondément la nature des professions libérales. Mais il y a du vrai dans ce qu’ils disent : la bonne solution est par là : Il suffit de créer des postes de médecins salariés, agents de l’Etat ou du Conseil Régional, là où le besoin se fait sentir.
Les quelques expériences faites dans ce domaine montrent un afflux massif de candidat(e)s pour ces postes.

La solution est donc simple et connue. Question : pourquoi aucun officiel ne fait-il cette proposition ?

Bon, l’essentiel a été dit dans les réponses..... DD reformule et complète les réponses à la question.
  1. Cela coûterait deux fois plus cher : les actes réalisés par les médecins salariés coûtent environ deux fois ceux des médecins conventionnés.

  2. Il faudrait appliquer le droit du travail français. Là, le bât blesse car les conditions de travail des médecins libéraux sont plutôt héritées du début du XXe siècle. Adieu le même médecin au même poste de 8 h à 21 heures. Adieu la garde de nuit qui fait suite à une journée de travail de 10 heures et qui s’enchaîne avec une nouvelle journée de travail. Il faudra compter sur beaucoup plus de médecins.

  3. Il faudrait appliquer la loi française : adieu les convocations et condamnations arbitraires par les caisses de sécurité sociale. Adieu les réquisition préfectorales scélérates. Adieu les forfaitures ordinales contre les récalcitrants qui ont l’outrecuidance de demander l’application de la loi.

  4. Il faudrait gérer l’insatisfaction des patients : la disponibilité et la productivité d’un médecin payé à l’acte n’a rien à voir avec celle d’un salarié. C’est humain. C’est inéluctable. Attendez-vous à des rendez-vous à 15 jours, à des cabinets fermés à 18 heures et le week-end.
Bref, le constat est limpide : les médecins libéraux apportent un service d’un rapport qualité prix absolument imbattable.
Mais bon, la tutelle trouve qu’ils coûtent tout de même trop cher. Donc on les prive des moyens de leurs missions (professionnalisation de la permanence des soins, budget de secrétariat, rémunération correcte).

Donc, on attend des médecins libéraux qu’ils assurent les missions d’un service public, mais en espérant s’en tirer avec la moitié du budget nécessaire. Et donc, cela ne marche pas. Et seuls les crétins peuvent encore s’en étonner ou imaginer qu’on va pouvoir les contraindre.

Et si tout cela vous paraît absurde ou illogique, je vous propose une solution simple pour sauver le budget de la France : transformer tous les postes d’agents de l’Etat, profs en tête, en professions libérales. De quoi annuler le déficit public d’un coup.
Ce qui est vrai dans un sens l’est dans l’autre.

Texte complet
www.atoute.org
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