TRAITEMENT HORMONAL SUBSTITUTIF DE LA MENOPAUSE
Controverse entre spécialistes et autorités sanitaires sur la ménopause

Une controverse oppose les gynécologues à Philippe Duneton, le directeur de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), accusé d'avoir "arbitrairement" décidé de limiter à cinq ans la prise d'un traitement hormonal de substitution (THS) de la ménopause.

Dans sa mise au point aux médecins, l'Afssaps indique que le traitement hormonal "doit être le plus court possible". Pour les femmes à risque d'ostéoporose, elle recommande d'en limiter la durée à "environ cinq ans" :

Voir le communiqué de presse de l''AFSSAPS du 30 janvier 2003 [Lire]

Le Dr Henri Rozenbaum, président de l'Association pour l'étude de la ménopause - qui a derrière lui la majorité des sociétés savantes de gynécologie - affirme qu'il n'y a eu "aucun accord" entre experts pour "imposer ce couperet des cinq ans, et qu'aucune raison scientifique ne peut le justifier".
La principale différence entre les deux textes porte évidemment sur la durée du traitement, à prescrire au cas par cas.

Le directeur de l'Afssaps "s'étonne" de ces propos, et met en avant les risques de cancer que ferait courir le traitement hormonal au-delà de cinq ans. "Nous allons diffuser nos recommandations à l'ensemble du corps médical", a indiqué jeudi à l'AFP le Dr Henri Rozenbaum.

Cette polémique ne peut pas laisser indifférentes les millions de femmes sur le point de prendre un THS ou qui en prennent déjà un. "Celles qui entrent dans la ménopause se demandent si elles ont raison de vouloir se faire traiter, celles qui le sont déjà ne savent pas si elles doivent arrêter ou continuer et celles qui suivent une thérapie depuis plus de cinq ans s'inquiètent de leurs risques de cancer et d'ostéoporose".

Dans sa mise au point aux médecins, l'Afssaps indique que le traitement hormonal "doit être le plus court possible". Pour les femmes à risque d'ostéoporose, elle recommande d'en limiter la durée à "environ cinq ans".

"Et après, qu'est-ce qui se passe ? Les cinq ans de traitement stoppent-ils la perte osseuse ? Faut-il suivre une thérapie de remplacement, ou se contenter d'attendre les effets de l'âge ?", s'interroge une autre femme, regrettant que ces "recommandations" n'aient été assorties d'aucun conseil clair.

"Excès de précaution", "souci de se couvrir à tout prix", "prise de position génératrice d'angoisses", "pessimisme", sont les qualificatifs le plus souvent employés par les gynécologues contactés par l'AFP pour évoquer l'"ukase" de l'Afssaps.

Plus de 10 millions de femmes sont ménopausées en France. Environ 30% d'entre elles reçoivent un traitement substitutif pendant au moins un an et neuf gynécologues sur dix, ainsi qu'un généraliste sur deux, prescrivent régulièrement ces traitements.
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