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INFORMATION - PUBLICITE MEDICALE
TOUT CE QUI BRILLE N'EST PAS OR !

D'après le West Lothian Drug and Therapeutics Committee, publié dans " Médicaments Essentiels : Le Point " OMS, N° 17, 1994. & http://www.ulb.ac.be/esp/gras/guide.html


La beauté est superficielle
Méfiez vous des belles images destinées à capter l'attention aux dépens de l'information véritable. Oubliez tout ce qui brille et demandez-vous ce que dit réellement l'annonce ; en fait, a-t-elle vraiment quelque chose à dire ou s'agit-il d'une simple astuce pour mieux faire connaître une marque ?
Certaines publicités présenteront une jolie fille un brin dévêtue pour vanter les mérites d'un antidépresseur ou d'un phlébotonique.

Le grand jeu des graphiques
C'est l'outil favori des annonceurs qui peut prendre différentes formes. Assurez-vous que les deux axes partent de zéro : une distorsion axiale peut faire paraître significative une différence qui ne l'est pas. Les courbes ne doivent pas se prolonger au-delà des points par lesquels elles passent et la variance doit être indiquée ( p.ex. par des barres d'intervalle d'erreur). Attention aux graphiques à barres "amputées ".

Le grand jeu des pourcentages
Le délégué médical annonce fièrement : "moins trente pour cent , voyez Docteur, impressionnant, n'est-il pas ?"
Exemple :
---- Groupe Placebo : 1000 personnes : 13 évenements.
---- Groupe traité : 1000 personnes : 10 évènements.
Je comprends qu'en valeur absolue : 3 de plus, en pourcentage : 30 % de mieux, non ?
Encore faut-il que les populations utilisées pour l'étude corresponde aux populations que je vais avoir à traiter...

L'efficacité du placebo
L'efficacité moyenne du placebo est difficile à évaluer globalement, tant sont nombreuses les variables. Pour la plupart des auteurs, elle se situerait en moyenne autour de 30 %. Cette donnée statistique n'a en fait guère de signification puisqu'elle varie en fonction d'énormément de facteurs et notamment en fonction du symptôme cible. De plus, 35 à 40 % des prescriptions en médecine concernent en fait des placebos impurs.
Le double-aveugle qui est fait pour différencier deux traitements administrés dans des conditions identiques, ne permet pas d'évaluer l'effet placebo lié aux conditions de la recherche. De plus, un double aveugle ne peut être comparé qu'à un autre double aveugle et les résultats de la recherche pharmacologique ne peuvent en aucun cas être extrapolés à une pratique clinique "normale".
Du point de vue du clinicien qui prend en compte, de façon pragmatique, tout ce qui peut modifier l'action "normale" d'un médicament en dehors des situations expérimentales, il est probable que l'effet placebo atteint aisément, voire dépasse largement ces chiffres. (Pharmacologie du placebo : [Lien] ou copie locale [Lire]

Le grand jeu des fausses nouveautés
Modification galénique, forme retard, commercialisation de l'isomère actif... présentés comme des avancées thérapeutiques voire des nouveaux médicaments.

Le grand jeu des nouvelles maladies
Une mode ou une stratégie qui vient directement des USA et qui frappe surtout le domaine de la psychiatrie : TOC de l'enfant, syndrome d'anxiété généralisée, etc.. dont les sémiologies demeurent suffisament floues.... et les traitements bien codifiés par l'industrie pharmaceutique !!!
Dernier en date, mis en lumière dans les colonnes du British Medical Journal, les troubles sexuels féminins (TSF). Des désordres complexes s’il en est, que l'auteur montre du doigt comme un nouvel eldorado. Car à la clé il y a de tous nouveaux marchés pour les héritiers du Viagra ® et leurs consorts…(Moynihan R. The making of a disease: female sexual dysfunction. BMJ. 2003 Jan 4;326(7379):45-47. )

Le silence des effets secondaires
Selon une étude conduite par le Dr Karen Lasser de la Faculté de médecine de Harvard (Massachusetts), les médicaments récemment approuvés à la vente aux Etats-Unis sont plus risqués que les anciens.
« Les médecins devraient éviter d'utiliser de nouveaux médicaments quand de plus anciens, d'efficacité équivalente, sont disponibles », écrit le Dr Karen Lasser. « Des compagnies pharmaceutiques font souvent une forte promotion auprès des médecins pour de nouveaux médicaments avant que l'ensemble des effets indésirables soient connus ». (Lasser KE and al : Timing of new black box warnings and withdrawals for prescription medications. JAMA. 2002 May 1;287(17):2215-20. )
Lire également : A efficacité égale, un vieux médicament vaut mieux qu'un nouveau.Proverbe médical..... [Lire]

Contrôler les affirmations
Vérifiez les preuves originales sur lesquelles sont fondées les affirmations. Si possible, comparez les citations avec l'article original. Les citations erronées ou hors contexte ne sont pas rares.
Méfiez-vous des déclarations précédées ou suivies de points de suspension. Les essais mentionnés peuvent être d'une conception incroyablement sommaire, parfois effectués parle laboratoire lui-même ou financés par lui.

Les effets de classe thérapeutique
Cela fait supposer qu'un nouveau médicament d'une classe thérapeutique possède les mêmes indications et effets positifs que les molécules plus anciennes dans la même classe. C'est en particulier le cas des nouvelles statines...

Rapprochements abusifs
La technique consiste à rapprocher deux affirmations n'ayant aucun rapport l'une avec l'autre. Par exemple, des données pharmacocinétiques avec une dose unique chez de jeunes volontaires en bonne santé peuvent être utilisées pour justifier un traitement chronique chez des patients âgés présentant une pathologie multiple.

Efficacité biologique / Efficacité clinique
Une baisse d'un paramètre biologique comme le LDL cholestérol ou la glycémie est trop souvent - abusivement et sans preuve - correlé une baisse de la morbi-mortalité... Un peu comme s'il valait mieux mourrir avec un "bon bilan".
Il n'est pas question ici de remettre en cause les avancées thérapeutiques de prévention mais d'exiger des laboratoires qu'ils apportent la preuve des bénéfices attendus par les médecins et surtout les patients.

Statistiques trompeuses
La plupart d'entre nous n'a que des connaissances très sommaires dans ce domaine.
Méfiez-vous de pourcentages mirobolants obtenus à partir de petits échantillons. Les valeurs de "p " n'ont d'intérêt que si les données ont été correctement recueillies dans le cadre d'un essai bien conçu et si elles ont été analysées à l'aide d'un test statistique approprié. Les intervalles de confiance doivent être indiqués.
Une revue de 359 articles publiés dans 5 journaux prestigieux et portant sur des études cliniques (BMJ, JAMA, NEJM, Lancet, Annals of Internal Medicine) révèle que seulement 26 d'entre eux rapportent les statistiques de manière non-biaisée.
http://www.intelihealth.com/IH/ihtIH/WSIHW000/24479/8001/350896.html?d=dmtICNNews

Références
Méfiez-vous des références tirées de revues obscures : certaines revues n'ont été créées que pour publier les résultats d'études parrainées par les laboratoires. Certaines firmes achètent le supplément d'une revue connue, mais ce supplément n'est pas couvert par le comité de lecture qui fait justement le sérieux de cette revue.
Les mentions "données disponibles ", "conclusions d'un symposium ", "publication prévue", " communication personnelle " doivent mettre votre attention en éveil. Souvenez-vous que le sens réel d'une citation peut être trahi par une citation hors contexte.

Respect des obligations légales
Le délégué doit tenir à votre disposition la notice scientifique du produit présenté.
La promotion vise-t-elle des indications thérapeutiques ne figurant pas dans la notice enregistrée ? Méfiance, vous ne pouvez pas compter sur la garantie de la commission d'enregistrement !
Les contre-indications et effets secondaires sont-ils conformes à ceux que l'on trouve dans les ouvrages de référence récents ?
La publicité doit être contrôlable, favoriser l'usage rationnel du médicament, en le présentant de façon objective et sans en exagérer les propriétés ; elle ne peut être trompeuse.
N'hésitez pas à demander une copie écrite des affirmations choquantes du délégué et si vous avez une photocopieuse à portée de main, faites un double des graphiques de la farde de présentation ; si le délégué refuse, méfiez-vous...
Demandez l'ASMR (Amélioration du service médical rendu ) [Lire)

Conclusion... provisoire
Faites connaissance avec la Revue Prescrire qui sans être "la Bible" demeure une revue incontournable malheureusement plus connue des généralistes que des spécialistes souvent portés vers la dernière molécule du marché.
Les coxibs en sont une illustration avec l'affaire Vioxx ® - rofécoxib [Lire]



Dr H. Raybaud
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