Le rétrécissement mitral
B.
Denis
Pré - Requis
* Le rétrécissement mitral.
Aide
mémoire de sémiologie et de pathologie cardiovasculaires, p 85 à 88 et 184 à
190
1. Anatomie pathologique
Les lésions sont pratiquement
toujours secondaires à un rhumatisme articulaire aigu ou ses équivalents
(chorée, scarlatine, angines).
Elles se constituent lentement : 5 à 15
ans après la crise.
1.1. Lésions valvulaires
* Soudure
commissurale : réalise un rétrécissement mitral en diaphragme.
* Sclérose
plus calcifications
* La surface mitrale se situe entre 0,5 et 2
cm2.
1.2. Lésions sous-valvulaires
* Epaississement,
raccourcissement et fusion des cordages, réalisent un rétrécissement mitral en
entonnoir.
* Calcifications pouvant donner à l'extrème un bloc
calcaire.
1.3. L'oreillette gauche est dilatée y compris
l'auricule gauche (Cf. radio). Présence de thromboses plus ou moins
adhérentes.
1.4. Cavités droites dilatées et hypertrophiées
(insuffisance tricuspidienne fonctionnelle).
1.5. Poumons
Pneumonie réticulée hypertrophique (épaississement et infiltration
des espaces inter-alvéolaires par des lymphocytes et
fibrocytes).
Hypertrophie de la paroi des artérioles précapillaires
(média et intima) avec rétrécissement de la lumière.
1.6. Foie :
aspect congestif "muscade". Tardivement, cirrhose cardiaque.
2.
Physiopathologie
Le rétrécissement mitral entraine :
* une
stase en amont de la valvule mitrale,
* une élévation concomitante des
pressions dans l'oreillette gauche, les veines pulmonaires, les capillaires.
Lorsque cette pression atteint 35 mmHg, un oedème pulmonaire apparait (la
pression hydrostatique dépasse la pression oncotique).
* Une élévation
passive de pression dans l'artère pulmonaire (la pression diastolique de
l'artère pulmonaire est égale à la pression capillaire).
* Cette
hypertension artérielle pulmonaire peut devenir autonome du fait des lésions
anatomiques des artérioles : barrage précapillaire (la pression diastolique de
l'artère pulmonaire devient supérieure à la pression capillaire ; gradient
précapillaire).
3. Clinique et examens paracliniques
(voir
prérequis)
4. Evolution - Complications
4.1. Etape auriculaire
gauche
4.1.1. Troubles du rythme
Tachyarythmies paroxystiques
de plus en plus longues et rapprochées, évoluant vers la fibrillation
auriculaire chronique (tournant évolutif de la maladie : diminution du débit
cardiaque de 20 %). Plus rarement, tachycardie paroxystique, flutter,
tachysystolie. Ces troubles du rythme favorisent les embolies.
4.1.2.
Thromboses et embolies
Thromboses dans l'auricule gauche, dans
l'oreillette gauche plus ou moins adhérentes. Les embolies peuvent survenir au
décours d'une crise de tachyarythmie paroxystique : embolie de régulation ; ou
de façon inopinée, chez un malade en fibrillation auriculaire (souvent plusieurs
embolies successives : pluies d'embols). Tous les territoires peuvent être
touchés : hémiplégie, embolies des membres, des reins, de la rate...
4.2. Etape pulmonaire
4.2.1. Dyspnée d'effort
croissante
4.2.2. ‘dème pulmonaire
* D'effort :
-
grésillement laryngé
- quelques accès de toux
- expectoration
rosée.
Au repos, tout rentre dans l'ordre.
* De repos, souvent
nocturne : grande crise d'oedème aigu du poumon (voir insuffisance
cardiaque).
* Il est favorisé par l'émotion, la période prémenstruelle,
la grossesse : accident gravidocardiaque survenant au 3ème mois, lors de
l'accouchement, ou en post-partum.
4.2.3. Hémoptysies
4.2.4.
Bronchites, surinfections pulmonaires
4.2.5. Insuffisance respiratoire de
la broncho-pneumopathie mitrale
4.2.6. Epanchements pleuraux.
4.3.
Etape cardiaque droite : insuffisance cardiaque droite avec ses symptomes et
complications (voir insuffisance cardiaque droite).
5. Formes
cliniques
5.1. Rétrécissement mitral oedémateux de
GALLAVARDIN
* Femme jeune
* Oreillette gauche peu
dilatée
* Rythme sinusal
* Pression capillaire élevée avec
hypertension artérielle pulmonaire post-capillaire.
5.2.
Rétrécissement mitral avec hypertension artérielle précapillaire
*
Homme
* Rythme souvent sinusal
* Hypertrophie ventriculaire droite
importante
* Dyspnée intense permanente, pas d'oedème aigu du
poumon.
5.3. Rétrécissement mitral à bas débit
Le
rétrécissement mitral est très serré, le débit cardiaque est très diminué, les
pressions sont peu élevées au repos. La capillaire s'élève franchemement à
l'effort, sans modification du débit.
5.4. Le rétrécissement mitral
avec oreillette gauche ectasique
* Fibrillation auriculaire
constante
* Bonne tolérance car l'oreillette gauche sert de tampon et
évite les poussées d'oedème pulmonaire. L'oreillette gauche amortit les a-coups
de pression.
* Peut être responsable de douleurs dorsales.
5.5.
Le rétrécissement mitral muet
Le plus souvent de découverte
échographique devant une fibrillation auriculaire plus ou moins compliquée
d'insuffisance cardiaque ou d'embolies.
5.6. Autres atteintes
valvulaires
* L'insuffisance aortique est très fréquente, souvent
modérée.
* L'insuffisance tricuspidienne est pratiquement toujours
fonctionnelle.
* Le rétrécissement tricuspidien est
exceptionnel.
5.7. Maladie mitrale : rétrécissement mitral +
insuffisance mitrale.
Le tableau clinique est celui de la lésion
prédominante.
6. Traitement médical
6.1. Prévention des
troubles du rythme : Longacor®., Sérécor®. (quinidine) ou
Rythmodan®.
6.2. Régularisation d'une fibrillation auriculaire
après trois mois de traitement anticoagulant efficace.
6.3. Traitement
anticoagulant dès qu'apparaissent les premiers troubles du
rythme.
6.4. A noter que l'on peut, par cathétérisme droit et passage
transeptal de la sonde, effectuer une dilatation de l'orifice mitral à
l'aide d'un ballonnet.
7. Traitement chirurgical
7.1.
Techniques
* Commissurotomie à coeur fermé par voie auriculaire
gauche
* Commissurotomie à coeur ouvert
* Remplacement valvulaire
mitral.
7.2. Indications
* Tout rétrécissement mitral pur
serré doit être opéré.
* L'existence de calcifications étendues impose le
remplacement valvulaire.
7.3. Résultats de la commissurotomie
:
* Bons dans la majorité des cas
* Resténose 5 à 15 ans après la
première intervention
* Insuffisance mitrale
* Evolution d'une
autre atteinte valvulaire aortique par
exemple.
Références
* Aide mémoire de sémiologie et de
pathologie cardiovasculaires. B. DENIS - 1989
* Objectifs de
sémiologie et de pathologie cardiovasculaires. QCM et questions de synthèse B.
DENIS - 1991
* Cardiologie. J. DI MATTEO, A. VACHERON, Ed. Expansion
Scientifique Française - 1987
* Médicaments en pathologie
cardio-vasculaire. C. LIBERSA, J. CARON Ed. Masson - 1990
* Aide mémoire
de rythmologie. E. SLAMA, G. MOTTE Ed. Flammarion - 1987
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