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Troponine élevée ne signifie pas toujours coronaropathie
26 janvier 2011 | Dr Walid Amara
http://www.theheart.org/article/1176483.do

L'élévation de troponine est fréquente dans des situations extracardiaques et dans les services d'urgence, la troponine est souvent dosée chez des patients qui ont une faible probabilité de syndrome coronaire aigu.
Cardiologues et urgentistes sont de plus en plus souvent confrontés à des troponines positives difficiles à interpréter.

Revoir :
---- Troponime [Lire]
---- Syndrome coronarien aigu - SCA [Lire]


Une étude de cohorte rétrospective de tous les patients consultant aux urgences et pour lesquels un dosage de troponine est revenu positif, soit supérieur à 0,08 mircogramme/litre. (Les infarctus et les patients ayant eu une angioplastie dans le mois ont été exclus. )

Les patients ont été classés en deux catégories : SCA ou non SCA. Ils ont également tous été suivis (de manière téléphonique) jusqu'en avril 2010.
« Les patients ne présentant pas de SCA avaient des taux de troponine plus faibles que les patients avec SCA.
  • Première constatation : sur les 18 606 consultations aux urgences, un dosage de troponine a été effectué chez 3700 patients soit 20 % d'entre eux. Le dosage de troponine était positif chez 320 patients (8,6 % des patients).

  • Deuxième constatation : uniquement 21 % des patients à troponine positive avaient un SCA.

  • Troisième constatation : chez les patients ne présentant pas de SCA, une étiologie a été retrouvée chez 68 % des patients.
Les patients du groupe non SCA avaient par ailleurs un ECG normal pour 95 % d'entre eux et ne présentaient pas de douleur thoracique pour 93 % d'entre eux.

Les diagnostics finaux retenus étaient essentiellement l'insuffisance cardiaque (plus de 35 %) et le sepsis (plus de 35 %), et les diagnostics étaient associés dans plus de 25 % des cas. Une analyse de la survie à long terme a montré que les patients sans SCA avaient une survie moindre (En effet, à 12 mois, le taux de survie était de 85 % dans les SCA versus 59 % dans le groupe non SCA.)

D'autre part, Troponine et tachycardies jonctionnelles

Le Dr Milleron a présenté une série de 27 patients présentant une tachycardie jonctionnelle et une élévation de troponine (> 0,15 microg/L). Les inclusions ont été faites en prospectif entre janvier 2003 et 2010.
  • Première constatation : un tiers des patients n'avaient pas de facteur de risque cardiovasculaire.
  • Deuxième constatation : plus de la moitié des patients avaient une douleur thoracique associée, deux tiers, un sous-décalage du segment ST et l'élévation de troponine était faible puisqu'elle était en moyenne de 0,42+0,20 microg/L.
Sur les 27 patients, 25 ont eu une coronarographie (23 normales, 1 patient avec une sténose de 60 % de l'IVA, 1 avec une sténose à 50 % de la coronaire droite, mais échographie de stress négative pour les deux) et deux patients avec échographie de stress de première intention négative.
« Au cours du suivi qui a duré en moyenne 48 mois, aucun syndrome coronaire aigu n'est survenu » a précisé le Dr Milleron.

Le message de ces deux travaux est que l'élévation de troponine dans différents circonstances extra-coronaires est fréquente et que la clinique et l'ECG demeurent des éléments essentiels.

Références
1.Nallet O. La troponine aux urgences : Un biomarqueur trop utilisé. Journées Européennes de la Société française Cardiologie, Paris, 14 janvier 2010.
2.Milleron O. Diagnostic et valeur pronostique de l'Elévation de troponine associée à des tachycardies supraventriculaires réentrantes symptomatiques. Journées Européennes de la Société française Cardiologie, Paris, 14 janvier 2010.
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