La resynchronisation cardiaque par stimulation biventriculaire
Source : Communication de l' Académie Nationale de Médecine
Paris le 15 janvier 2002

La resynchronisation cardiaque est un nouveau traitement de l' IC réfractaire.

Jean Claude Daubert (Département de Cardiologie et Maladies Vasculaires, Hopital Pontchaillou, Rennes) qualifie de réfractaires les IC ne répondant plus au traitement médical, entraînant une altération de la qualité de vie des patients et obligeant à de fréquents séjours hospitaliers.
Pour beaucoup d'entre eux, la transplantation cardiaque est la seule solution, cependant les coeurs disponibles restent rares, aussi d'autres alternatives non pharmacologiques sont-elles en cours d'évaluation.

De nombreuses études hémodynamiques aiguës ont permis de montrer les effets positifs de la stimulation atrio-ventriculaire gauche et de la stimulation atrio-biventriculaire : augmentation significative du débit cardiaque, de la part systolique et différentielle, de la dP/dT VG, diminution des pressions de remplisssage du coeur. L'absence de différence significative entre les deux modes de stimulation a conduit les chercheurs à évaluer la véritable utilité d'une stimulation ventriculaire droite.

Plusieurs études, notament des études contrôlées, ont évalué l'efficacité de la stimulation biventriculaire permanente et il apparaît que cette technique améliore significativement et durablement les symptômes (classe NYHA), la tolérance à l'effort et la qualité de vie des patients en classe III ou IV, mais leur mortalité demeure élevée (étude InSync).

L'étude MUSTIC a apporté la preuve (131 patients en 1 an) de l'intérêt thérapeutique de la stimulation atrio-biventriculaire chez les patients en IC sévère ne relevant pas de l'indication de pose d'un pace-maker. MIRACLE a mis en évidence l'amélioration de la toléance fonctionnelle (classe NYHA), du test de marche de 6 minutes t du score de qualité de vie. En critère secondaire, une évaluation composite a montré 66% d'amélioration dans le groupe "actif" par rapport à "l'inactif", avec notament une diminution très sensible du nombre de journées d'hospitalisation. Il apparait donc que la resynchronisation améliore très significativement les symptômes, la tolérance à l'effort et la qualité de vie des patients en IC sévère (NYHA III ou IV) porteurs d'une désynchronisation ventriculaire sur l'ECG, cependant les effets sur la mortalité demeurent encore inconnus.

Les études complémentaires des années à venir permettront une approche quantitative sur l'impact global, son influence sur la mortalité totale et sur la mort subite, la morbidité, les côuts de prise en charge, ainsi que le ratio côut / efficacité.
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