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Quel traitement pour contrôler l’HTA systolique ?
Publié dans la revue : Sang Thrombose Vaisseaux. Vol. 13, Numéro 5, Mai 2001
Auteur(s) : Jean-Jacques Mourad

En conclusion, il est légitime de traiter l'HTA systolique du sujet âgé en débutant par un diurétique ou un inhibiteur calcique, en sachant qu'il sera nécessaire dans une grande majorité des cas de recourir à une bi-, voire une trithérapie pour contrôler le niveau de la PAS en dessous de 150 mmHg. Les associations fixes sont, dans ce contexte, d'un grand intérêt, car elle favoriseront au maximum la monoprise et l'observance .
MAJ 2004 : [Lire]

Voir également : HTA systolique des séniors
Plusieurs enquêtes épidémiologiques récentes ont montré que le contrôle de l’hypertension artérielle (HTA) à l’échelon d’une population était largement insuffisant (de 6 à 30 % selon les pays), principalement par un abaissement insuffisant des valeurs de la pression artérielle systolique (PAS). Ceci est particulièrement vrai chez les sujets âgés.

Les essais thérapeutiques réalisés dans le domaine de l’HTA systolique isolée ont été réalisés à partir des années 1990 et n’apportent que des informations partielles sur l’efficacité comparée des différentes classes thérapeutiques anti-hypertensives.

Une étude récente [1] a évalué l’action hypotensive comparée d’un placebo, d’un diurétique, d’un inhibiteur calcique, d’un bêtabloquant et d’un IEC chez des patients âgés présentant des valeurs de PAS > 150 mmHg.
Chaque patient recevait successivement les quatre classes thérapeutiques et le placebo.
L’évaluation de l’efficacité de chaque traitement était effectuée au terme d’un mois de prescription.

Par comparaison au placebo, la baisse de la PAS a été comparable sous diurétique (– 13 mmHg) et sous inhibiteur calcique (– 15 mmHg), alors qu’elle atteignait une amplitude plus faible sous IEC (– 8 mmHg) et sous bêtabloquant (– 5 mmHg).

Dans cette étude, le pourcentage de patients normalisés par une monothérapie (objectif PAS < 140 mmHg) variait de 6 à 15 %. Dans cette étude, la stratégie de la monothérapie séquentielle (essai successif des quatre classes thérapeutiques) a permis de normaliser 29 % des sujets.

Malgré le faible nombre de patients inclus, cette étude apporte un certain nombre d’informations et de confirmations : les traitements antihypertenseurs actuels sont moins performants pour contrôler la PAS que la PAD, ce dernier paramètre ayant été historiquement choisi pour juger de l’efficacité hypotensive dans le développement de ces molécules.

Quelle que soit la classe thérapeutique, une monothérapie antihypertensive normalise habituellement la PAD chez 45 à 60 % des patients. Le taux de patients normalisés (pour la PAS) avec une monothérapie observée dans cette étude n’est pas surprenant et confirme la réelle difficulté de faire abaisser ce paramètre, dont les mécanismes physiopathologiques expliquant son élévation sont radicalement différents de ceux de la PAD : éjection ventriculaire et rigidité des gros troncs artériels pour la PAS ; élévation des résistances périphériques mettant en jeu le système artériolaire pour la PAD.

L’étude STOP2 [2] avait confirmé la difficulté réelle à atteindre l’objectif d’une PAS < 150 mmHg (Anaes 2000) malgré la prescription d’une plurithérapie.
Les recommandations récentes dans le domaine de l’HTA prônent l’utilisation en première intention des diurétiques thiazidiques et des inhibiteurs calciques pour le traitement de l’HTA systolique du sujet âgé.

Ces recommandations, basées sur les résultats d’essais thérapeutiques comme l’étude SYSTEUR [3], sont confortées par l’étude de Morgan [1] dans la mesure où ces deux classes thérapeutiques sont celles qui abaissent le plus la pression artérielle systolique.

Voir MAJ 2004 HTA SYSTOLIQUE (Définition, traitement)

En conclusion, il est légitime de traiter l'HTA systolique du sujet âgé en débutant par un diurétique ou un inhibiteur calcique, en sachant qu'il sera nécessaire dans une grande majorité des cas de recourir à une bi-, voire une trithérapie pour contrôler le niveau de la PAS en dessous de 150 mmHg. Les associations fixes sont, dans ce contexte, d'un grand intérêt, car elle favoriseront au maximum la monoprise et l'observance .


1. Morgan T, et al. ACE inhibitors, beta-blockers, calcium blockers, and diuretics for the control of systolic hypertension. Am J Hypertens 2001 ; 14 : 241-
2. Hansson L, Lindholm LH, Ekbom T, et al. Randomised trial of old and new antihypertensive drugs in the elderly patients: cardiovascular mortality and morbidity the swedish trial in old patients with hypertension-2 study. Lancet 1999 ; 354 : 1751-6.
3. Staessen JA, Fagard R, Thijs L, et al. Randomised double-blind comparison of placebo and active treatment for older patients with isolated systolic hypertension. Lancet 1997 ; 350 : 757-64
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