TRAITEMENT PAR ANTIVITAMINE K
Informations, précautions
Source MGLIST
Le traitement anticoagulant par AVK a pour but d'éviter la formation
de caillots dans les vaisseaux. Sa complication principale est la survenue
d¹hémorragies (surdosage), il doit donc être étroitement surveillé : la dose
doit être suffisante pour éviter le risque de thrombose, et ne doit pas être
excessive pour éviter le risque hémorragique.
Voir également : Vous et votre traitement anticoagulant oral par anti-vitamine k (AVK) AFSSAPS - MAJ 2004)
Voir également Cat en cas d'INR trop élevé
La surveillance biologique :
Elle repose sur l'INR. Chez le sujet non traité, l'INR vaut 1. Sous
traitement anticoagulant par AVK, la valeur de l'INR à atteindre dépend de
la pathologie traitée.
Dans la plupart des cas, l'INR doit être compris
entre 2 et 3. On fait monter l'INR en augmentant la dose d'AVK, et descendre
l'INR en diminuant la dose. Il faut 2 à 3 jours pour que l'INR varie après
une modification de dose.
Les précautions à prendre
Prendre le médicament régulièrement, à horaire fixe.
Ne jamais augmenter ou diminuer la dose sans avis médical
A chaque résultat d¹INR, il est indispensable de téléphoner à votre
médecin pour adapter la dose.
En cas d¹oubli ou d'erreur de dose, appelez votre médecin.
Prévenez immédiatement votre médecin :
En cas de saignements de nez, de gencives, d¹ecchymoses, d¹urines rouges,
de selles noires ou rouges.
En cas de fièvre ou d'éruptions cutanées.
En cas de problème de santé, quel qu¹il soit.
Evitez :
Les sports violents et activités utilisant des objets tranchants ou
contondants (bricolage)
Les piqûres quelles qu¹elles soient : intramusculaires, injections,
acupuncture
Prévenez :
Votre dentiste, votre chirurgien, votre gynécologue et tout nouveau consultant que vous êtes sous
traitement anticoagulant
Signalez à votre médecin tout médicament que vous prenez (de façon
régulière ou non)
Appelez votre médecin avant toute prise d'un nouveau médicament
Les précautions alimentaires sous traitement
Pour l'afssaps, le traitement par AVK ne justifie pas de suivre un régime particulier. Un régime alimentaire équilibré doit être respecté. Ce n'est qu'en cas d'anticoagulation chroniquement mal équilibrée qu'il convient de faire une enquête alimentaire détaillée pour préciser les écarts à éviter, notamment la consommation excessive d'aliments ayant une teneur particulièrement élevée en vitamine K :
Abats, Choucroute, Fenouil ,
Avocat, Choux / choux-fleurs / choux de Bruxelles, Foie
Brocolis, Laitue,
Carottes, Epinard, Tomates
Toutefois :
ne consommez pas plus d'une portion par jour des aliments suivants :
épinards, navets, choux (rouge, frisé, de Bruxelles), brocolis, avocats
éviter de prendre en grande quantité du thé vert ou du persil
ne pas modifier l¹alimentation habituelle par l¹exclusion, ou l'apport
massif de légumes verts, soja, lentilles, ou foie.
Ne pas consommer d'alcool, ou en consommer régulièrement une dose
inférieure à deux verres par jour.
Pour plus d'informations
1 - Vous et votre traitement anticoagulant oral par anti-vitamine k (AVK) AFSSAPS - MAJ 2004)
2 - Mise au point http://agmed.sante.gouv.fr/htm/5/5704c.htm
3 - AMM et ses modif http://agmed.sante.gouv.fr/htm/5/5706c.htm
4 - Fiche de transparence http://agmed.sante.gouv.fr/htm/5/5117c.htm
Attention au paracétamol.
Il a, en effet, été mis en évidence une interaction méconnue entre
paracétamol et warfarine. Plusieurs études montrant cette interaction ont
été publiées depuis 1968. Elle reste cependant largement méconnue aux USA
(1,2), et en France et n'est généralement pas signalée. Il semble qu'elle
doive être étendue aux autres AVK
Et ils conseillent de vérifier l'INR une à deux fois
par semaine durant l'usage du paracétamol. L'administration de paracétamol à
un patient peut modifier l'INR dans les 48 heures, mais son importance varie
selon les patients et les conditions alimentaires et pathologiques.
(cf infra l'article paru dans Biomed)
1 - Hylek EM et al. Acetaminophen and other risk factors for excessive
warfarin anticoagulation. JAMA, 1998, 279, 9, 657-662
2 - Bell WR. Acetaminophen and Warfarin. Undesirable synergy. JAMA, 1998,
279, 9, 702-703
Les extraits de Ginkgo doivent être administrés avec prudence chez les
patients sous AVK, sous antiagrégants plaquettaires et même chez les
patients présentant des troubles de la crase sanguine, le risque
hémorragique semblant majoré...
Ginkgo Biloba: A Review of Quality, Safety, and Efficacy -- Nutrition in
Clinical Care
http://www.familymdlinx.com/thearts.cfm?artid=191835&specid=15
Paracétamol (bis)
Voici un article de Bibliomed, paru en 1998 :
Paracétamol et antivitamines K
Parmi les analgésiques, les AINS et l'aspirine ont des interactions bien
connues avec les antivitamines K (AVK); par contre rien n'est signalé avec
le paracétamol et il est admis que c'est l'analgésique que l'on peut
utiliser préférentiellement en cas de traitement AVK. Une étude américaine
de Boston (1) vient de montrer qu'il existe une interaction entre warfarine
et paracétamol (acetaminophen aux USA).
L'étude, une étude cas-témoins, a été réalisée dans l'unité de thérapeutique
anticoagulante du Massachusetts General Hospital à partir de 2.000 patients
suivis en consultation externe pour leur traitement AVK entre avril 1995 et
mai 1996. Le traitement devait être instauré depuis plus d'un mois,
l'objectif d¹hypocoagulabilité visant un INR entre 2 et 3. Les 100 premiers
patients ayant au contrôle un INR>6 étaient analysés par interview, et
comparés à 200 témoins sélectionnés par randomisation parmi les patients
suivis pour leur traitement AVK, et dont l'INR restait entre 1,7 et 3,3.
L'interview précisait les médications en cours et nouvellement utilisées,
qu'il s'agisse de prescription ou d'automédication. Tous les analgésiques
étaient particulièrement analysés avec l'ancienneté de leur utilisation et
leur quantité. Étaient également précisées les données de l'alimentation,
leurs modifications récentes, et la consommation d'aliments riches en
vitamine K (avocat, brocoli, chou, chou de Bruxelles, épinard, foie, laitue,
moutarde, navet, petits pois, pissenlit, pois chiche, thé vert), l'existence
de diarrhée ou de maladie fébrile, ainsi que de cancers en évolution.
L'observance du traitement AVK était également précisée.
93 cas et 196 témoins ont pu être analysés, dont la moyenne d'âge était de
70 ans.
52 cas (56%) et 70 témoins (36%) avaient pris du paracétamol dans la semaine
précédant l'INR.
La dose moyenne de paracétamol prise était de 21 cp. de 325
mg par semaine chez les cas, et de 9 cp. chez les témoins. L'INR était
d'autant plus élevé que la dose de paracétamol était élevée. 23 cas et 12
témoins avaient pris plus de 14 comprimés dans la semaine précédant le
dosage. Tous avaient débuté le médicament depuis le précédent dosage.
La prise d'autres analgésiques était minime. 20 cas (22%) avaient pris
récemment une autre médication susceptible d'interaction, contre 7 témoins
(4%). Le nombre d'aliments riches en vitamine K était inversement corrélé
avec un INR>6: 61 cas (66%) contre 79 témoins (40%) prenaient seulement 1 ou
aucun de ces aliments. 20 cas (22%) contre 15 témoins (8%) avaient eu une
diarrhée dans la semaine précédant le dosage. 7 cas (8%) contre 1 témoin
(1%) avaient été hospitalisés. 9 cas (10%) contre 2 témoins (1%) avaient un
cancer avancé.
Les auteurs concluent à une relation hautement significative entre le
paracétamol et l'importance de l'action de la warfarine. La prise de 4 cp.
de 325 mg par jour pendant au moins une semaine augmente de 10 fois le
risque d'un INR>6 par rapport à ceux n'en prenant pas.
Que conclure de cette étude ?
- d'abord la mise en évidence d'une interaction méconnue entre paracétamol
et warfarine. En fait plusieurs études montrant cette interaction avaient
été publiées depuis 1968. Elle reste cependant largement méconnue aux USA
(1,2), et en France; elle n'est pas signalée dans le Vidal.
- il s¹agit d¹une étude cas-témoins, donc de niveau de preuve intermédiaire;
mais l¹analyse de cet étude ne montre pas de biais évident. Toutes les
études citées concernent la warfarine (Coumadine) à peu près le seul AVK
utilisé aux USA. Il est vraisemblable que les données sont applicables aux
autres AVK.
- à coté de cette interaction médicamenteuse méconnue, les auteurs mettent
bien en évidence les données alimentaires et pathologiques qui peuvent
intervenir pour modifier l'action des AVK, et dont on oublie trop souvent de
tenir compte.
- restent les conclusions à tirer pour la pratique, et en particulier pour
la prescription d'analgésiques. Il est vraisemblable que le risque avec
aspirine et AINS est plus important; cet interdit doit être maintenu. Le
paracétamol reste donc le seul recours. Les deux articles conseillent de
limiter au minimum la dose et la durée des traitements, étant donné la
relation dose-effet. Et ils conseillent de vérifier l'INR une à deux fois
par semaine durant l'usage du paracétamol.
L'administration de paracétamol à
un patient peut modifier l'INR dans les 48 heures, mais son importance varie
selon les patients et les conditions alimentaires et pathologiques.