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L'analyse des télomères le démontre
Le stress accélère le vieillissement cellulaire

Epel E. S. et coll., « Proc Natl Acad Sci USA », édition en ligne avancée.
http://www.quotimed.com/journal/index.cfm?fuseaction=viewarticle&DArtIdx=200872

Age et télomères

Les télomères, ces structures localisées à l'extrémité des chromosomes, raccourcissent lors de chaque division cellulaire. Lorsqu'ils sont devenu trop courts, les cellules arrêtent de se diviser et entrent en sénescence. En mesurant la longueur des télomères d'une cellule, il est théoriquement possible de connaître l'âge de l'individu à qui on a prélevé la cellule. Cependant, certaines conditions pathologiques accélèrent le vieillissement cellulaire. Dans de telles situations, l'âge cellulaire indiqué par les télomères devient supérieur à l'âge civil de la personne étudiée.
Voir également : TELOMERE ET TELOMERASE

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En mesurant les télomères de femmes qui subissent un stress psychologique chronique, des chercheurs américains Epel E. S. et coll., ont vérifié l'hypothèse selon laquelle le stress induit un vieillissement prématuré.

De nombreuses études suggèrent que la santé des individus les plus stressés se dégrade plus rapidement que celle des plus sereins d'entre nous. Par ailleurs, diverses données indiquent que le stress aurait un impact négatif sur le fonctionnement du système immunitaire et augmenterait le risque de maladie cardio-vasculaire. Les mécanismes moléculaires à l'origine des effets délétère des stress psychologiques sur la santé humaine n'ont pas encore été identifiés, mais il est tentant d'imaginer qu'ils sont apparentés à ceux qui provoquent le vieillissement.

Les résultats obtenus par Epel et coll. sont sans équivoques : les individus dont le niveau de stress psychologique chronique est le plus important ont des télomères anormalement courts. En comparant la longueur de leur télomères à celle mesurée chez des témoins qui ne ressentent pas de stress psychologique, les auteurs de l'étude ont constaté que les télomères des sujets stressés ont une longueur qui correspond à celle attendue chez des sujets âgés d'environ dix ans de plus.

Mères d'un enfant atteintes d'une maladie chronique grave.

Ces résultats se fondent sur l'étude de 58 femmes en bonne santé, âgées de 20 à 50 ans. Parmi elles, 39 élèvent un enfant souffrant d'une maladie chronique grave. Les 19 autres femmes sont aussi mères, mais leur(s) enfant(s) sont en bonne santé. Un questionnaire a permis d'établir que les mères des enfants malades subissent et perçoivent un stress chronique plus important que les mères d'enfants sains. Un échantillon sanguin prélevé aux 58 femmes a permis de mesurer la longueur moyenne de leurs télomères et l'activité de leur télomérase. En tant que groupe et du point de vue de leur télomères et de leur télomérase, les mères d'enfants malades ne sont pas différentes des mères témoins. Cependant, en étudiant plus précisément la cohorte des mères stressées, Epel et coll. ont réussi à percevoir une différence importante : il leur est apparu que les mères qui subissaient un stress psychologique depuis le plus grand nombre d'années avaient des télomères nettement plus courts que les autres femmes De plus, l'activité de leur télomérase est significativement réduite. Les différences observées persistent même lorsque les résultats sont corrigés par l'âge des femmes étudiées.

Epel et coll. ont par ailleurs établi que les télomères des 14 femmes les plus stressées de la cohorte mesuraient 550 paires de bases de moins que les télomères des 14 femmes le moins stressées. Ils ont parallèlement estimé que les télomères des femmes âgées de 20 à 50 ans perdaient de 31 à 63 paires de bases chaque année. Ainsi, il est apparu que les télomères des femmes les plus stressées correspondaient à ceux que l'on retrouve habituellement chez des sujets âgés de 9 à 17 ans de plus.

Le stress est donc visiblement bien à l'origine d'une accélération du vieillissement cellulaire. Reste encore à déterminer comment le perception d'un stress par le cerveau conduit à une modification de la physiologie cellulaire en général et de l'activité de la télomérase en particulier.

ELODIE BIET

Epel E. S. et coll., « Proc Natl Acad Sci USA », édition en ligne avancée.
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