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Microalbuminurie
Marqueur de risque cardiovasculaire tous azimuts

Dr H. Raybaud

La microalbuminurie définie comme une albuminurie comprise entre 30 et 300 mg/24 heures est un facteur important et reconnu du suivi des patients diabétiques.
La présence d'une microalbuminurie chez un diabétique de type 2 est un marqueur de gravité générale (notamment vis-à-vis du risque cardiovasculaire) de la maladie, plus qu'un marqueur spécifiquement néphrologique. Elle incitera à renforcer la prise en charge dans tous les domaines. Voir à ce sujet Dépistage des complications rénales dans le DNID

La mise en évidence d’une microalbuminurie élevée chez des patients non diabétiques représente la manifestation rénale d’une dysfonction endothéliale généralisée et génétiquement transmise établissant ainsi un lien entre microalbuminurie et du risque cardio-vasculaire.
L’association à la microalbuminurie d’un certain nombre de facteurs favorisant le développement de l’athérosclérose (dysfonction endothéliale, insulinorésistance, dyslipidémie, index de masse corporelle élevé et sensibilité au sel accrue) évoque une possible liaison génétique mais ne peut confirmer le rôle indépendant de la microalbuminurie comme marqueur prédictif d’athérosclérose.

La microalbuminurie est un marqueur précoce du risque cardiovasculaire en dehors du diabète c'est à dire chez des patients "seulement " hypertendus.
Selon le professeur Dick de Zeeuw, chef du service de pharmacologie clinique, CHU de Groningen, Pays-Bas, «la microalbuminurie est un prédicteur indépendant des facteurs de risque cardiovasculaires conventionnels. C’est même le prédicteur le plus puissant de tous ces facteurs ».

Le guidelines 2003 de l'ESH-ESC (Société Européenne de l’Hypertension et de la Société Européenne de cardiologie) pour la prise en charge de l'hypertension artérielle recommandent de doser la microalbuminurie chez tous les patients hypertendus.

Un dosage positif (conifrmé sur 2 mesures ?) nécessite une réévaluation de la prise en charge de l'hypertension artérielle
  • Objectif < 130/80 mm Hg (?)
  • Utilisation d'un IEC ou d'un Sartan (à confirmer)
  • La prescirption d'aspirine à faible dose (à confirmer)
En pratique
Il convient de mesurer une fois par an la microalbuminurie, si le test par la bandelette urinaire standard est négatif.
Cette mesure de la microalbuminurie peut se faire sur un échantillon urinaire au hasard (exprimé en rapport de concentration albumine/créatinine Pathologique si > 30mg/g) ou sur les urines de la nuit (pathologique si > 20µg/mn) et/ou des 24 h (pathologqiue si > 30 mg/24 H)
. Le résultat sera considéré comme pathologique s'il est confirmé à deux reprises (un dépistage, deux confirmations). Une microalbuminurie et/ou une protéinurie confirmées devront être quantifiées sur les urines des 24 h.

NB(A.Lecrubier,www.medspe.com)
Une étude présentée à l’ESC 2004 à Munich suggère que les cardiologues connaissent la microalbuminurie, mais ne lui attribuent pas une place importante dans leur pratique quotidienne.
L’enquête, sponsorisée par Bristol-Myers Squibb/Sanofi-Synthelabo, a porté sur 413 cardiologues. Elle a montré que 80 pour cent des cardiologues considéraient la microalbuminurie comme un marqueur du risque cardiovasculaire valide et indépendant. Toutefois, seulement 18 % des cardiologues ont répondu qu’ils dosaient de manière routinière (plus de 90 % du temps) le taux d’albumine chez les patients hypertendus.
Parmi les cardiologues interviewés, 44 % ont répondu qu’ils dosaient rarement le taux d’albumine dans les urines chez les patients hypertendus.

Selon le Professeur Dick de Zeeuw, même chez les patients normotendus, la microalbuminurie est associée au risque cardiovasculaire. « L’hypertension artérielle est donc un facteur de risque beaucoup moins puissant que la microalbuminurie, » . La corrélation entre la baisse du taux d’albumine urinaire excrétée et celle du risque cardiovasculaire montre que la microalbuminurie est non seulement un bon marqueur de risque mais aussi un marqueur de succès thérapeutique. [Lire]
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