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Analogues de l’insuline et risque de cancer
Communiqué de presse de la Société Francophone du Diabète (Alfediam)
le 3 juillet 2009.

En accord avec les conclusions rendues par l'Agence Européenne du Médicament (EMA), l'American Diabetes Association (ADA), la Food & Drug Administration (FDA) et l'AFSSAPS.
La Société Francophone du Diabète (Alfediam) recommande aux patients diabétiques de poursuivre leur traitement par insuline

Les études publiées récemment sur l’évaluation d’un lien possible entre la prise d’analogues de l’insuline et le risque de cancer ont entraîné une confusion, des interrogations et des inquiétudes parmi les patients diabétiques et les médecins qui les suivent. Au regard de résultats discordants et de la nécessité d’attendre des analyses approfondies, la Société Francophone du Diabète (Alfediam) recommande à tous les patients diabétiques de poursuivre leur traitement. Elle souligne les dangers d’une modification du traitement sans avis médical.

Les analogues lents de l’insuline : une efficacité prouvée

Les analogues de l’insuline dits lents sont injectés une fois par jour, puisqu’ils bénéficient d’une action de longue durée. Ce type d’insuline, dont fait partie la glargine (Lantus®), a considérablement amélioré l’équilibre glycémique et la qualité de vie des patients diabétiques de type 1, en réduisant notamment de manière significative les risques d’hypoglycémie. C’est d’ailleurs pour cette propriété qu’elle est également prescrite à des patients diabétiques de type 2.

L’hypoglycémie doit faire l’objet d’une prévention rigoureuse lorsqu'on s'attache à mieux contrôler la glycémie. En effet, dans le diabète de type 2, l’étude récente « Veterans » a montré que les risques cardiovasculaires sont multipliés par 4 s’il y a survenue d’hypoglycémies chez les patients diabétiques de type 2.

Le maintien de l’équilibre glycémique est donc essentiel. Les patients, s’ils souhaitent modifier leur traitement, doivent impérativement prendre conseil auprès de leur médecin afin de bénéficier d’un suivi très rapproché pendant la mise en place d’un autre traitement par insuline qui peut représenter une alternative à la Lantus à la condition d'une adaptation nouvelle des doses, voire du nombre d’injections et d'une surveillance glycémique étroite. Un risque de déséquilibre glycémique majeur existe en effet lors de changements importants d’un schéma insulinique chez tout diabétique recevant de l’insuline. Cette recommandation s'applique plus encore aux diabétiques de type 1.

L’avis d’un spécialiste du diabète peut s’avérer particulièrement opportun en de pareilles circonstances. En effet, le choix d'une insuline appropriée doit être individualisé en fonction du type de diabète, de l'âge, de l'évolution du poids et du danger que font courir les hypoglycémies en regard du risque cardiovasculaire. Ainsi, la balance bénéfices/risques d'une insuline diffère selon les patients.

Des résultats d’étude discordants à approfondir

4 études menées en Europe sur le relevé de registres ont étudié le lien entre insuline et cancer. Ces registres regardent a postériori ce qui est survenu chez des personnes traitées par un médicament donné. Ils fournissent des informations qui seront ensuite confirmées ou non par des études plus poussées. Les résultats discordants ne permettent pas pour l’instant d’établir un lien avéré. Seules les analyses approfondies demandées par l’Agence Européenne du Médicament et la FDA (agence américaine) permettront d’affirmer ou d’infirmer ce lien. Ces informations devraient être obtenues dans les prochains mois afin d'éclairer les patients et médecins sur la réalité ou non de ce risque.

    A ce stade, deux études ont démontré un impact significatif :
  • En Suède, un lien entre cancer du sein et insuline a été établi avec une augmentation du risque lié à la Lantus lorsqu’elle est utilisée seule. Cette élévation n'est curieusement plus retrouvée quand la Lantus est associée à d'autres insulines. Aucun impact n'est retrouvé pour les autres cancers.
  • En Allemagne, un lien a été également établi : augmentation du risque de cancer sans précision sur le type de cancer, en relation avec les doses administrées.

    Au contraire deux autres études n’ont pas démontré d’impact significatif :
  • En Ecosse, le risque n'atteint pas un niveau significatif, ce qui laisse la possibilité d'évoquer l'implication d'autres causes d'autant que la combinaison de l'insuline glargine aux autres insulines réduit légèrement le risque de cancer du sein.
  • En Angleterre, aucun lien n’a été retenu entre insuline glargine et cancer du sein, du colon ou de la prostate. Toutes les insulines, et même les sulfamides hypoglycémiants augmentent un peu le risque alors que la metformine le réduit, y compris lorsqu'elle est associée à l'insuline.
La durée de suivi des patients dans ces 4 études est plus courte que celle généralement considérée comme étant nécessaire à l'évaluation des risques de cancer en rapport avec un médicament.

Ces études n'apportent aucune information sur l'autre analogue long, détémir (Levemir?)

Des liens déjà établis entre cancer du sein et obésité,

L’obésité est un déterminant important du diabète de type 2.

La population de diabétiques traitée par insuline ou non a déjà fait l’objet de nombreuses études sur le risque de développer des cancers du sein. Indépendamment du poids, être diabétique de type 2 accroît de 20 % le risque d'avoir un cancer du sein après la ménopause. Ce risque n'est pas repéré dans le diabète de type 1.

Par ailleurs, l’étude WHI (2002) a démontré que les femmes obèses pouvaient avoir plus de 2 fois plus de risques de développer un cancer du sein que les autres femmes après la ménopause. On sait que parmi les femmes diabétiques de type 2, 38 % sont obèses et que 80 % d’entre elles sont en surpoids. Une prise de poids de 20 kg, de même que l’obésité abdominale, accroît le risque de cancer du sein chez les femmes après la ménopause. Cela incite à une particulière vigilance dans le dépistage de tumeurs, de surcroît plus difficiles à déceler, chez les obèses, diabétiques ou non.

L’obésité, le surpoids et l’âge semblent donc être des facteurs déterminants essentiels à prendre en compte dans l’analyse des éléments favorisant la survenue de cancer. Puisque justement les patients diabétiques traités par Lantus ont en moyenne, dans ces études, un poids plus élevé et un âge plus avancé, ces deux facteurs pourraient donc avoir contribué au risque plus élevé de cancer retrouvé dans certains registres.

D’autres études seront donc nécessaires pour progresser dans la compréhension de cette importante question. La Société Francophone du Diabète (ALFEDIAM) continuera donc à vous informer à ce propos.

Contacts presse
Pr. Serge Halimi, Président de la SFD - secretariat@alfediam.org
Pr. Jacques Bringer, Vice Président de la SFD – secretariat@alfediam.org
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